Dans un communiqué de presse signé le 15 septembre 2026, le ministre des Finances leur donne jusqu’au 31 octobre pour prendre service.
Michel Enony
Le couperet est tombé. Par un communiqué de presse rendu public le 15 septembre 2026, le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, a sommé 5 971 agents publics, identifiés comme ne résidant plus au Cameroun, de justifier leur situation administrative sous peine de voir leurs salaires définitivement suspendus. Cette décision sous la forme d’un ultimatum, s’inscrit dans une vaste opération d’assainissement du fichier solde de l’État, lancée par le gouvernement pour endiguer une hémorragie financière qui gangrène les caisses publiques depuis des années.
Selon les données recueillies par le Minfi, « ces 5 971 agents concernés représentent une perte annuelle estimée à 46 milliards Fcfa pour le Trésor public ». Ces fonctionnaires, bien que géolocalisés à l’étranger, principalement au Canada, en Europe et en Amérique du Nord, continuaient de percevoir leur traitement mensuel sans être physiquement présents à leur poste.
Le phénomène, longtemps qualifié de « fonctionnaires fantômes » ou d’« enseignants voyageurs », touche tous les départements ministériels. Cette purge n’aurait pas été possible sans une innovation majeure : l’exploitation des données de migration. En croisant les fichiers de paie avec les enregistrements des mouvements aux frontières et dans les aéroports internationaux, le gouvernement a pu identifier précisément les agents ayant quitté le territoire sans ordre de mission ni congé officiel, et qui ne sont jamais revenus. Cette méthode technologique a permis de démasquer ceux qui menaient une « double vie » à l’étranger tout en conservant leur salaire camerounais comme revenu d’appoint.
Dans son communiqué, Louis Paul Motaze se veut ferme, en laissant une porte de sortie. « Les agents concernés sont invités à se présenter avant le 31 octobre 2026 dans les locaux de la Direction de la dépense de personnel et des pensions (Ddpp) à Yaoundé, munis des pièces justificatives : photocopie du passeport, motif du voyage et attestation de présence effective au poste datant de moins de trois mois », lance-t-il. En attendant cette clarification, les rémunérations des 5 971 agents ont d’ores et déjà été assignées à la Trésorerie Paierie Générale de Yaoundé I pour les mois de septembre et octobre 2026.



