Inspecteur principal des impôts hors échelle et lauréat de l’Enam de Yaoundé, l’auteur a dédicacé son récent ouvrage, « la fiscalité camerounaise au scalpel », le 8 octobre 2026 à Douala.
Michel Ferdinand

Le feed-back d’une frange d’acteurs de la fiscalité indique déjà que l’ouvrage intitulé « La fiscalité camerounaise au scalpel », dernière trouvaille d’Alain Symphorien Ndzana Biloa, servira de bréviaire dans un secteur où jaillissent presque toujours des interrogations et où règne une suspicion mutuelle entre les responsables du fisc et les contribuables. Un ressenti apprécié lors de la dédicace dudit ouvrage, le 8 octobre 2026 au siège du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) à Douala. Et lorsque la présidente de l’Ordre national des conseils fiscaux du Cameroun, Laure Kenmogne Djoumessi, demande à l’assistance, « pour la première et la dernière fois de faire une standing ovation à un inspecteur des impôts », en l’occurrence M. Ndzana Biloa, on comprend que l’auteur du livre a convaincu non seulement par la richesse et la diversité de contenu, mais également par l’approche, « à la fois technique, critique et accessible ».
Une reconnaissance après avoir parcouru les 659 pages d’un essai paru aux Éditions du Panthéon, consacré à l’analyse du système fiscal camerounais. L’auteur fait usage de son scalpel, comme en chirurgie pour « décrypter, diagnostiquer et proposer ». Les intervenants ne tarissent pas d’éloges à l’endroit d’Alain Symphorien Ndzana Biloa. « Ce livre sera désormais notre livre, parce qu’il va nous faciliter le travail. Si vous avez un investisseur qui arrive dans un secteur particulier, à travers ce livre, vous avez toute l’information sur l’exhaustivité des taxes applicables à son secteur. Vous ne risquez plus de vous tromper si vous êtes méticuleux. C’est un ouvrage unique, jamais aucun auteur au Cameroun n’avait abordé dans un seul et même ouvrage, l’ensemble des branches de la fiscalité camerounaise avec autant de précision et de documentation », se félicite Laure Kenmogne Djoumessi.
Le public applaudit à tout rompre. La note de lecture de l’ouvrage est signée de l’universitaire de renom Bruno Bekolo-Ebe, par ailleurs président de la Société camerounaise des agrégés. Il insiste sur la notion de redevabilité fiscale, parce que, lorsque le contribuable paie l’impôt, il doit savoir ce que l’État en fait. « Quand, en effet, le citoyen a le sentiment que la dépense publique financée par les impôts qu’il paie, ne lui permet pas d’accéder aux services sociaux de base et à la satisfaction de ses besoins les plus essentiels, sa confiance quant à la nécessité de payer l’impôt ne peut que s’effriter … », traduit Bruno Bekolo-Ebe.
Livre réformateur
L’auteur « examine les principaux enjeux de la fiscalité camerounaise et met en lumière les impôts et taxes en vigueur, les procédures mises en œuvre, les défis auxquels l’administration fiscale, les contribuables en général et les entreprises en particulier sont confrontés ». Bref, la plume d’Alain Symphorien Ndzana Biloa permet de « mieux comprendre la fiscalité camerounaise », d’« identifier les principaux enjeux et difficultés du système », de « réfléchir aux conditions d’une fiscalité plus efficace et plus équitable », de « mettre en perspective fiscalité, développement économique et intérêt général », de « nourrir le débat sur les perspectives de réforme fiscale ». Comme le soutient l’auteur, « nous sommes tous, avant tout et en tout temps des citoyens contribuables. À ce titre, nous caressons tous le rêve d’une fiscalité juste et performante pour un Cameroun prospère ». La dédicace est placée sous le patronage du président du Gecam, qui saisit l’opportunité pour louer le courage de l’auteur de présenter un livre réformateur et ambitieux.
L’assistance s’abreuve également des regards croisés de quatre acteurs de chaîne fiscale : professionnel de la fiscalité, patronat, économiste et auteur. Tout le monde ou presque en sort en reprenant en chœur la célèbre phrase de Napoléon Bonaparte : « Les impôts ne sont que de l’argent prêté ; ils viennent du peuple, il faut qu’ils retournent au peuple ». Tout comme les uns et les autres s’accordent à reconnaître que M. Ndzana Biloa a fait œuvre utile. Son aventure dans l’écriture a d’ailleurs débuté en 2015 avec la publication de son premier ouvrage, « la fiscalité, levier pour l’émergence des pays africains de la zone franc : le cas du Cameroun ». Deux autres ouvrages l’ont suivi, avant le dernier, qui est tout aussi percutant. Le prix de l’édition ordinaire de l’ouvrage disponible en version papier et numérique est fixé à 30 000 Fcfa.
Réactions
Célestin Tawamba, Président du Gecam : Ce livre apporte la lumière

Il va être difficile pour moi de commenter votre livre, parce que je ne suis pas un expert. Mais ce que je sais, c’est que ça apporte de l’eau. Je dirai plutôt la lumière, qui est assez rare en ce moment dans notre dialogue public-privé. Ça apporte une caution à ce que nous disons : on pourra vous prendre pour exemple, on pourra citer votre livre. On aura quelque chose sur quoi on peut s’adosser, parce qu’on ne dira plus que c’est le chef d’entreprise qui parle. À un inspecteur des impôts, on dira maintenant que son collègue a dit que… Nous avons donc une référence que nous citerons dans notre plaidoyer. Donc, apprêtez-vous à recevoir des coups.
Laure Kenmogne Djoumessi, Présidente Ordre national des conseils fiscaux du Cameroun : Cet ouvrage est un facilitateur de notre travail

La plus-value de cet ouvrage, c’est que c’est un ouvrage pluridisciplinaire. On a pour la première fois au Cameroun un ouvrage qui regroupe toutes les informations sur la fiscalité interne, la fiscalité de porte, la fiscalité sociale, la fiscalité spécifique, les restructurations, la fiscalité internationale, la fiscalité sectorielle. Dans le même ouvrage, on a la possibilité d’avoir toutes les informations. La parafiscalité s’y retrouve également. Cet ouvrage est un véritable facilitateur du travail d’un professionnel.
Ce livre pose le problème de la nécessaire confiance qu’il doit avoir entre l’État qui prélève l’impôt et le contribuable qui doit attendre de l’État que le fruit de l’impôt serve à résoudre ses problèmes. Et quand le contribuable a le sentiment que l’impôt qu’il paie n’est pas bien utilisé, ne lui permet pas d’avoir accès aux biens essentiels, il y a une rupture de confiance. Ce livre pose clairement ce problème. J’espère que les responsables de l’administration fiscale vont le lire activement et en tirer toutes les conséquences et les possibilités de solutions qui sont formulées. J’espère aussi que ce livre permettra aux contribuables eux-mêmes de savoir quel est l’état actuel de la fiscalité camerounaise. Qu’est-ce que ça apporte ? Qu’est-ce que ça n’apporte pas ?




