Financement : Le Gecam réconcilie Pme et banquiers

La rencontre entre Omar et banquiers, baptisée « Je parle à mon banquier », organisée par le patronat, vise à briser le mur qui sépare les petites et moyennes entreprises des établissements de crédit.

Blaise Djouokep

Il faut changer de paradigme !

Elles sont le moteur de la croissance, créent des emplois et de la richesse, mais restent étranglées par un manque de financement. Pour sortir les Petites et moyennes entreprises (Pme) et les Très petites entreprises (Tpe) camerounaises de l’impasse, le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) ouvre un dialogue. C’est tout le sens de la 2e édition de « Je parle à mon banquier », une plateforme d’échanges directs entre promoteurs de Pme/Tpe, banquiers, assureurs et experts financiers.

Un paradoxe que le patronat veut briser. Selon le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), le secteur financier se porte pourtant bien. Entre 2013 et 2018, sa valeur ajoutée a progressé de 7 à 10%, avec un poids de plus en plus important dans l’économie nationale. Mais, cette croissance ne profite pas aux plus petits. « Bien que le taux des crédits accordés au secteur privé ait connu une augmentation notable, l’intermédiation financière et, partant, l’accès aux services financiers demeurent limités », alerte le Gecam. En cause, une inclusion financière encore faible, une bancarisation limitée de la population active, un réseau bancaire peu dense et un accès au crédit qui reste marginal. Le marché des actions et l’assurance restent également à la traîne. Autre frein, la lourdeur des garanties exigées, un plafond d’intérêt de 15% qui décourage les banques à prendre des risques sur les Pme et un taux de créances en souffrance proche de 16% qui renchérit le coût du crédit.

Face à ce tableau, l’objectif de « Je parle à mon banquier » est clair : trouver des solutions communes et réalistes. Comment assouplir les conditions d’accès au crédit sans fragiliser les banques ? Quelles alternatives aux garanties classiques ? Comment mieux évaluer la solvabilité des petites entreprises ? Autant de questions qui seront au cœur des échanges entre les deux mondes qui peinent à se comprendre, mais qui ont besoin l’un de l’autre pour faire décoller l’économie camerounaise.