Est : Un réseau de présumés trafiquants d’ossements démantelé par la gendarmerie

Les trois suspects interpellés à Bétaré-Oya s’apprêtaient, selon les premiers éléments de l’enquête, à acheminer ces ossements humains vers le Grand-Nord.

Sébastian Chi Elvido

Lundi 28 septembre 2026. Ambiance inhabituelle à la compagnie de gendarmerie de Bertoua, dans la région de l’Est. Trois suspects et leur butin, constitué d’un crâne et de restes humains, sont présentés aux enquêteurs. La scène attire les regards. En face de la compagnie de gendarmerie, les populations de l’arrondissement de Bertoua 2ᵉ sont sorties tôt le matin pour accueillir le préfet du Lom-et-Djerem, en visite pour une réunion de coordination administrative.

Selon Donald Tamkam, commandant de la brigade territoriale de gendarmerie de Bétaré-Oya, localité située à plus de 150 km de Bertoua, les suspects ont été interpellés dans le cadre des opérations de lutte contre la criminalité et le grand banditisme. Des opérations menées sous la supervision du colonel Divine Nnoko Ngide, commandant de la légion de gendarmerie de l’Est, et la coordination du commandant de la compagnie de gendarmerie de Bertoua, Albert Axel Mvetimbi.

D’après le commandant de la brigade de Bétaré-Oya, le 22 septembre 2026, aux environs de 20 h 50, au poste de contrôle mixte gendarmerie-police situé sur l’axe Bétaré-Oya-Ndokayo, les éléments de la brigade ont interpellé Assamba Dong Olmert, âgé de 24 ans, fils de David Dong et d’Estelle Odine Moizole, domicilié à Bétaré-Oya.

Selon le compte rendu de la brigade, l’intéressé effectuait le trajet Bétaré-Oya-Ndokayo à bord d’un véhicule de transport clandestin de marque Toyota Corolla, conduit par Daouda Nohou, âgé de 18 ans. Le contrôle permet de découvrir, dissimulées dans un sac à dos noir, 76 pièces soupçonnées d’être des ossements humains.

Les investigations vont rapidement s’élargir. Selon Assamba Dong Olmert, le sac appartiendrait à un individu connu sous le sobriquet de « Rasta », domicilié lui aussi à Bétaré-Oya.

Le 23 septembre 2026, les enquêteurs interpellent deux autres suspects : Séraphin Samolo, alias « Rasta », né le 18 mars 1987 à Dimako, fils de feu Pierre Sankel et de Kom Plachi, célibataire et père de deux enfants, ainsi que Toussin Bikoul Mfoulou, alias « Puyol », âgé de 25 ans, fils de Gabriel Mfoulou et d’Henriette Gwetien, domicilié à Bétaré-Oya, célibataire et père de deux enfants à charge.

S’adressant aux suspects, le commandant de la légion de gendarmerie de l’Est, le colonel Divine Nnoko Ngide, a déploré le fait que les personnes interpellées soient originaires de la région et soient soupçonnées de profaner des tombes. « Le corps humain est sacré. Dans nos traditions, on respecte les morts. Vous ne pouvez pas chercher l’argent de cette manière », a-t-il déclaré, assurant que « la gendarmerie ne vous laissera pas faire cela ».

L’enquête se poursuit afin de déterminer l’origine exacte des ossements, les circonstances dans lesquelles ils auraient été extraits et les éventuels autres acteurs impliqués.

Selon des sources de la gendarmerie, les localités de Mandjou, Bétaré-Oya et Garoua-Boulaï constitueraient un triangle du trafic illicite présumé d’ossements humains dans la région de l’Est, avec des ramifications et d’éventuels complices encore dans l’ombre.