Une élite de la localité de Doumo accuse le préfet du Mayo-Louti de manoeuvrer pour favoriser lAlliance citoyenne pour le Cameroun, évoquant une forte somme d’argent.
Wamba Sop

Une enveloppe de 20 millions Fcfa, deux sièges de députés et une mairie. Ce sont les engagements qui auraient été évoqués en faveur de l’Alliance citoyenne pour le Cameroun (Acc) dans le département du Mayo-Louti, selon les déclarations d’une élite de la localité de Doumo, arrondissement de Mayo-Oulo. Dans une sortie publique, cette dernière met en cause le préfet du département, qu’il soupçonne de vouloir mobiliser les moyens de l’administration pour faciliter l’implantation électorale de cette formation politique à l’occasion des prochaines élections législatives et municipales.
À l’origine de cette dénonciation, des informations recueillies auprès de plusieurs sources locales, faisant état de rencontres politiques qui auraient notamment eu lieu à Garoua et à Guider. Au cours de ces échanges, à huis clos, des engagements auraient été pris pour accompagner l’Acc dans sa conquête de deux sièges de députés et d’une mairie dans le Mayo-Louti. Plus grave, une enveloppe de 20 millions Fcfa aurait été annoncée pour soutenir cette opération.
Le dénonciateur rapporte également des propos attribués au préfet du Mayo-Louti, qui aurait fait référence à des instructions reçues du ministère de l’Administration territoriale (Minat). L’objectif supposé serait d’accompagner le parti en contrepartie de son repositionnement politique à la veille de la dernière élection présidentielle. Des allégations qui, à ce stade, n’ont pas été corroborées par des éléments indépendants.
Pour cette élite locale, la question dépasse les intérêts d’une formation politique. Elle pose surtout le problème de la neutralité de l’administration et de l’utilisation des ressources publiques. « Aucune autorité publique ne devrait être soupçonnée d’utiliser les moyens de l’État au profit d’une formation politique particulière », estime-t-il. Il assure vouloir emprunter les voies administratives et institutionnelles appropriées afin que les faits soient établis. Il dit ne pas vouloir abandonner sa démarche tant que les préoccupations soulevées n’auront pas reçu de réponses satisfaisantes.
Contacté pour réagir à ces accusations, le président de l’Acc les rejette sans détour. « C’est du sabotage, c’est tout. Ça ne tient même pas la route », rétorque-t-il. Le responsable politique affirme ne pas connaître le préfet du Mayo-Louti et s’interroge sur la nature des prétendus engagements financiers. « Il nous donne 20 millions en quelle qualité ? Qui l’a mandaté ? », lance-t-il.
Entre les accusations d’une élite locale et le démenti du président de l’Acc, les versions s’opposent. Reste désormais à établir la réalité des rencontres évoquées, l’existence des engagements financiers allégués et, surtout, le rôle éventuel de l’autorité administrative.


