Douala : Chasse aux immeubles de la mort

La mairie de la ville a entrepris diverses actions pour débarrasser la capitale économique des édifices jugés dangereux.

Blaise Djouokep

Les bâtiments jugés dangereux ne doivent pas rester debout.

Près d’un mois après l’effondrement de l’immeuble survenu dans la nuit du 10 au 11 juillet dernier au quartier Bonamoussadi à Douala, les blocs de bétons et autres ruines sont encore présents sur le site. L’effondrement de ce vieux bâtiment avait fait six morts et autant de rescapés. Un bilan lourd. Mais l’on est loin des 33 morts et 21 blessés enregistrés à la suite de l’effondrement d’un immeuble d’habitation de quatre étages au lieu-dit « Mobil Guinness » à Ndogbong dans la nuit du 22 au 23 juillet 2023. Quelques années plus tôt, un autre immeuble encore en construction s’était lui aussi effondré à Bonapriso, non loin du marché des fleurs. Bilan, un mort.

Au lendemain de ces effondrements de 2023 et 2026,  la mairie de la ville de Douala a entrepris des actions afin d’assainir ce secteur. Le 22 février 2024, la Communauté urbaine de Douala (Cud) détruisait un immeuble au lieu-dit « Ancien cinéma le Berliz » à Akwa. La bâtisse R+1 qui abritait divers commerces et bureaux avait été détruite par les engins de la Cud.  Quelques mois plus tard, la même année, un autre immeuble est détruit dans le cinquième arrondissement de Douala. Cette fois-ci, l’immeuble a été dynamité par la mairie de la ville de Douala.

Pour la Cud, les bâtiments abandonnés dans divers quartiers sont la conséquence du non-respect des règles d’urbanisme et des constructions anarchiques. « Avec la recrudescence des effondrements, la Communauté urbaine de Douala a pris la résolution d’ouvrir la chasse aux immeubles menaçant ruine. Mais il y a une procédure à respecter. Il faut faire des expertises techniques, il faut vérifier un certain nombre d’éléments techniques avant d’agir. Et c’est le processus qui est en cours », note Daniel Kedi, ingénieur en génie civil. Il ajoute par ailleurs que, en ce qui concerne les bâtiments déjà identifiés, plusieurs ont fait l’objet d’expertise technique. Et parmi ces bâtiments expertisés, il y a, pour certains, urgence d’agir.

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Dans un communiqué rendu public le 3 août dernier, le maire de la ville de Douala, Roger Mbassa Ndine, indiquait avoir identifié 31 bâtiments à risque dans la ville. Le document signé relevait que ces 31 bâtiments ont été identifiés lors des opérations de contrôle menées par les services de la Cud dans le cadre de la politique de prévention des risques urbains présentent des désordres structurels.