C’est le coût du projet à réaliser par la Communauté urbaine de cette ville dans le cadre de la construction de la première ligne pilote de 20 kilomètres.
Michel Enony

Le dossier publié le 29 octobre 2026 sur la plateforme internationale DgMarket pose un chiffre. 400 milliards Fcfa hors taxes pour la première ligne pilote du tramway de la ville de Douala. Le tracé doit relier l’échangeur de Bekoko au carrefour Scdp, à Ndogsimbi, via le pont sur le Wouri et Deido. Sur environ 20 kilomètres, le ratio atteint 20 milliards Fcfa au kilomètre. Mais ce montant englobe l’investissement global, pas seulement la pose des voies.
Pour réunir les fonds, la Communauté urbaine de Douala (Cud) mise sur le privé : conception, construction, exploitation et maintenance. Le dossier exige un apport minimal de 30 % des dépenses d’investissement, soit 120 milliards Fcfa et deux lettres d’intention de banques ou d’institutions de développement. Le modèle financier doit viser une rentabilité interne supérieure à 12 %. La concession envisagée court sur au moins 30 ans : trois ans de construction, 27 ans d’exploitation. Les candidatures sont attendues jusqu’au 25 février 2027.
Le texte prévoit aussi des soutiens publics. Si la fréquentation tombe sous 70 % du scénario de référence, la Cud pourrait contribuer jusqu’à 2 milliards Fcfa par an. L’État pourrait verser une dotation d’équilibre plafonnée à 40 % des recettes prévisionnelles, sur sept ans, avec un montant dégressif. Une garantie facultative de 14 milliards Fcfa sur sept ans est même évoquée.
Mais une contradiction demeure. L’annexe A6 demande aux candidats de financer « 100 % du Capex », sans garantie de la Cud ni de l’État, et de garder le risque de trafic à leur charge. Une autre annexe, interdit de solliciter une garantie budgétaire ou de trafic. La contribution municipale varie aussi entre participation au capital et apports en nature dans le corps du texte, bail emphytéotique d’environ cinq hectares dans l’annexe.
L’objectif de ce projet est le transport de 750 000 voyageurs par jour. Le trafic prévoit une rame toutes les quatre minutes en pointe, un tarif court inférieur à 500 Fcfa et un plafond indicatif de 1 000 Fcfa. Ce sont des hypothèses. Le coût des travaux, lui, est affiché.
L’alimentation électrique reste à préciser. Dans le cadre de l’Ami, les candidats doivent proposer un mode d’alimentation dans leur dossier technique, sans que soient fournies d’estimation de la puissance nécessaire ni du coût des éventuels équipements électriques complémentaires.
Le projet revient dans le circuit des investissements après plusieurs échéances non respectées. En mars 2022, le maire de Douala, Roger Mbassa Ndine, avait annoncé le démarrage des travaux en 2023. Rien n’est encore conclu.


