Données à caractère personnel: Le Cameroun déterminé à assurer la protection de ses citoyens

Un projet de loi sur la question a été déposé à l’Assemblée nationale la
semaine dernière.

Par Lorine Claudia Agnang

Lors de l’enregistrement en ligne sur certaines plateformes, un ensemble
d’informations sont parfois demandées à l’utilisateur : le nom, la date et le lieu
naissance, le pays, la ville, le numéro de téléphone, ses préférences, etc. Pour
l’utilisateur, fournir ces données n’est que normal, pourtant pour ces plateformes,
la collecte de ces données à caractère personnel n’est pas anodine. Car
l’économie numérique ayant révolutionné le monde à sa manière, ces données
peuvent être utilisées à plusieurs fins : les revendre à des entreprises à des fins
publicitaires, exploiter les comportements pour influencer les décisions d’achat ou
d’opinion politique l’usurpation d’identité, les actes de cybercriminalités. En gros,
plusieurs acteurs d’internet se font de l’argent dans le dos des internautes, grâce
à l’exploitation des données à caractère personnel que ces derniers mettent en
ligne. Les principales entreprises dominantes dans la collecte des données sont
les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). D’ailleurs en 2020,
le marché mondial des méga-des données est estimé à 200 milliards de dollars,
soit environ 124 000 milliards Fcfa.
Et le Cameroun ne souhaite plus que les données personnelles des 25 millions
d’habitants soient utilisées au profit des autres. D’où l’objet du projet de loi déposé
la semaine dernière à l’Assemblée nationale, relatif à la protection des données à
caractère personnel. Ce projet de loi a pour objectif de garantir les droits et les
libertés fondamentaux des personnes en matière de traitement de leurs
informations personnelles, quels que soient leur nature, le mode d’exécution ou
les responsables. Il vise spécifiquement le traitement des données à caractère
personnel effectué par l’Etat, les collectivités territoriales décentralisées ou toute
personne physique ou morale, opéré par un responsable du traitement ou un
sous-traitant établi au Cameroun, réalisé dans un territoire où le droit camerounais
s’applique, en vertu du droit international ou des conventions internationales
dûment ratifiées et visant toute personne établie, résidant ou en transit au
Cameroun.