Dette due aux enseignants : Une enveloppe de 96 milliards Fcfa prévue dans le budget 2024

L’annonce a été faite par le ministre des Finances face aux députés le 20 novembre dernier, à l’occasion de la plénière d’adoption de la loi de règlement 2022.


Par Josiane Afom


Louis Paul Motaze, le ministre des Finances.

La dette due aux enseignants pourra être soldée en octobre 2024, du moins si l’on s’en tient aux déclarations faites par le ministre des Finances (Minfi). Répondant aux questions des députés à l’Assemblée nationale le 20 novembre dans le cadre de la plénière d’adoption de la loi de règlement 2022, Louis Paul Motaze a affirmé que dans le budget 2024, une enveloppe de 193 milliards sera réservée à l’apurement des dettes salariales dont 96 milliards Fcfa pour les enseignants. Le Minfi a en effet expliqué qu’après les instructions données par le président de la République dans le but d’apporter des solutions concrètes aux revendications formulées par les enseignants réunis autour des mouvement Ots, Ota et le Syndicat des enseignants du Cameroun pour l’Afrique ( Seca), un plan d’apurement de la dette due aux enseignants avait été élaboré. Ce calendrier qui devait s’achever en septembre 2025 avait été jugé très long par les enseignants et le gouvernement aurait trouvé des moyens afin de satisfaire les grévistes . « Lors du point de presse au Mincom, j’avais pris l’engagement de réexaminer le calendrier afin de ramener l’échéance en octobre 2024 », a affirmé Louis Paul Motaze.

Par ailleurs, le ministre des Finances a affirmé face aux députés que toutes les instructions données par le président de la République ont été appliquées. « tout ce que le chef de l’État a demandé à été fait. Mais il y a des préoccupations nouvelles qui naissent chaque jour. Nous faisons ce que nous pouvons et nous rappelons d’autres», a-t-il déclaré.

Notons que le 9 mars 2022, le ministre secrétaire général de la Présidence de la République avait envoyé une correspondance au secrétaire général des Services du Premier ministre dans laquelle il répercutait les hautes instructions relatives du président de la République relatives aux revendications des enseignants. Au plan financier par exemple, le chef de l’État avait instruit au ministre des Finances de procéder au paiement, à partir du mois de mars 2022, du complément salarial mensuel à verser aux enseignants (titulaires ou non de décret d’intégration) qui ne perçoivent actuellement que les 2/3 de leur salaire et de l’indemnité de non logement due aux enseignants qui n’en perçoivent pas; d’apurer, à compter du mois de mai 2022 et de manière progressive, en tenant compte de l’antériorité des promotions, les rappels relatifs à l’indemnité de non logement et au complément salarial dus aux enseignants; de procéder au paiement échelonné, à compter du mois de juin 2022, des rappels relatifs aux avancements et reclassements des enseignants.

Si certains points soulevés par les enseignants tels que l’automatisation des actes de carrière, la dématérialisation et la simplification des procédures de traitement des dossiers d’intégration dans la Fonction Publique; et le début de l’apurement de la dette due aux enseignants ont trouvé des solutions, certains enseignants observent toujours l’opération craie morte. Ceux-ci exigent la signature du Statut spécial des enseignants, l’organisation du Forum national de l’éducation et le paiement intégral de la dette due aux enseignants pour toutes les promotions, toutes rubriques confondues avant de reprendre toute activité académique.

Notons par ailleurs que toujours dans le cadre du mouvement Ots, les représentants du Syndicats des enseignants du Cameroun pour l’Afrique ont été reçus en audience hier par le ministre secrétaire général de la Présidence de la République. Ceux-ci sont revenus sur les différentes revendications et ce qu’il reste à faire par le gouvernement.


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