Défiance : Patrice Monthé cherche-t-il à détruire le rugby camerounais ?

Suspendu pour cinq ans par Rugby Afrique de toute activité liée au rugby, le président de la Fecarygby s’est obstiné à mener une double activité ces derniers mois, alors que la Fédération camerounaise elle-même est interdite de toute activité par World Rugby.

Wamba Sop

L’avenir du rugby camerounais en pointillés

Alors que le rugby camerounais purge sa suspension d’activités infligée il y a cinq mois par World Rugby, un événement a surpris plus d’un acteur de la discipline le week-end dernier à Yaoundé : la cérémonie de réception de l’Association Camer Rugby, vainqueur du Bouclier d’Africus à Libreville au Gabon, un tournoi qui regroupe les pays de la zone Cemac

Pour la circonstance, la fête a même pris une dimension sous-régionale avec la présence effective du président de la Fédération gabonaise de rugby, Jean-Marc Laissy, venu avec son bureau. Sauf que ce voyage à succès et cette célébration pourraient empirer la situation du rugby camerounais.

En effet, la Fédération camerounaise est suspendue depuis le 17 juin 2026. Son président, Me Patrice Monthé, l’est lui depuis le 15 novembre 2025 pour cinq ans, pour récidive, sur décision de Rugby Afrique. Selon l’article 30 des statuts de la Fecarugby, il ne peut plus présider aux destinées de la balle ovale au Cameroun.

Faire participer une équipe camerounaise à une compétition internationale en contournant la suspension est donc considéré comme un acte de défiance vis-à-vis des instances internationales. Un acte que même l’illustre invité gabonais a préféré ne pas commenter. « Concrètement, on ne s’occupe pas des problèmes liés à ce qui se passe dans le rugby camerounais. Évidemment, on le suit parce qu’au Gabon, il y a beaucoup de Camerounais qui sont dans les équipes qui nous ont aidés à former les joueurs », a déclaré Jean-Marc Laissy.

Présent, Me Monthé assume sa démarche et reste serein sur l’avenir international du rugby camerounais. « Ma conception rugbystique, c’est de dire : on a des jeunes dont nous avons la responsabilité en tant qu’organe fédéral de faire en sorte qu’ils ne perdent pas leurs talents », a-t-il lancé. Et d’ajouter : « La Fédération camerounaise n’appartient à personne, même pas à Monthé. Ma préoccupation, ce sont ces jeunes. C’est de remettre l’église au centre du village. La suspension de la Fecarugby naît des Camerounais eux-mêmes. Nous allons jouer dans la sous-région. Il y a le Tchad, la République centrafricaine, le Congo, le Gabon. On ne peut pas nous empêcher de jouer chez nous. »

Il assure d’ailleurs que la tutelle, le ministère des Sports, a répondu à Rugby Afrique que « nous ne voyons pas les choses de la même manière que vous ». Une réponse rejetée par les instances internationales, qui pourrait ne pas tarder à frapper le Cameroun d’une nouvelle sanction, à cause d’un même « récidiviste qui n’a même pas réussi à organiser un simple match amical pendant plusieurs trimestres avant sa suspension », fait remarquer un acteur du rugby camerounais.