De Tianjin à Bichkek : Les regards du monde se tourneront une nouvelle fois vers l’Organisation de coopération de Shanghai

Un an après le Sommet historique de Tianjin, les regards du monde se tourneront vers Bichkek, où se tiendra le Sommet 2026 de l’Organisation de coopération de Shanghai. Le rendez-vous kirghize doit prolonger l’élan donné le 1er septembre 2025, lorsque le président Xi Jinping proposa l’Initiative pour la gouvernance mondiale.

Par Jimmy Yab*

À Tianjin, les dirigeants avaient adopté la Stratégie de développement de l’Ocs à l’horizon 2035 et approuvé vingt-quatre documents. Depuis, sept plateformes consacrées notamment aux industries vertes, à l’économie numérique, à l’énergie, à l’enseignement, à la formation professionnelle et à l’intelligence artificielle sont devenues opérationnelles, avec plus de 160 projets. Bichkek sera donc le sommet de la continuité, de l’évaluation et de l’action.

Cette progression illustre la force de l’« esprit de Shanghai » :  confiance mutuelle, bénéfice mutuel, égalité, consultation, respect de la diversité des civilisations et poursuite d’un développement commun. Elle montre surtout comment une organisation régionale peut contribuer à la réforme de la gouvernance mondiale en associant sécurité, innovation, connectivité et prospérité partagée. La coopération sino-kirghize, notamment le chemin de fer Chine–Kirghizistan–Ouzbékistan, en constitue une illustration concrète.

Pour l’Afrique, l’Ocs offre moins un modèle à copier qu’une expérience à étudier : celle d’États différents qui organisent leurs convergences en respectant leur souveraineté. Le continent africain doit entrer dans cette nouvelle gouvernance comme partenaire d’initiative, capable de défendre sa représentation, sa souveraineté productive, ses priorités technologiques et son droit au développement.

Cette perspective rejoint l’exigence africaine d’un multilatéralisme plus équitable, centré sur les peuples et jugé sur ses réalisations concrètes. Elle ouvre au Cameroun un espace de proposition diplomatique, économique, universitaire et technologique pleinement assumé.

De Tianjin à Bichkek, puis de Bichkek à Yaoundé, l’enjeu est désormais de transformer les principes en résultats. La Chine a proposé une voie. À l’Afrique d’y apporter sa voix, ses idées et sa capacité de co-écriture.

 

*Enseignant des relations internationales,  Visiting professor at University of Southampton (UK), Peking and Fudan University (China) ; Président de l’Observatoire Chine-Afrique francophone (OCAF)