Ils ont manifesté leur mouvement d’humeur le 20 octobre 2026 à l’esplanade du Cnosc, avant d’être reçu par des responsables de l’institution.
Désiré Domo
Après un premier mouvement d’humeur devant le ministère des Sports et de l’Éducation physique (Minsep) il y a deux semaines, mouvement qui leur avait permis d’être reçus par le directeur des Normes et du Suivi des Organisations sportives (Dnsos), des présidents de ligues, de clubs, entraîneurs et athlètes réunis au sein du Mouvement de libération de l’haltérophilie ont remis le couvert le 20 octobre 2026 à l’esplanade du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc) à Yaoundé. Objectif: contester la légitimité du bureau fédéral. « Nous en avons marre de la gestion catastrophique depuis 22 ans. L’haltérophilie sombre d’année en année. De top 3 africain à notre époque, le Cameroun n’est même plus classé parmi les dix meilleurs », déplore le porte-parole. Et d’accuser : « Les subventions et le matériel donnés par l’État sont détournés. Les primes de médailles n’ont jamais été payées en dehors de 2010. Ce sont les athlètes qui paient leurs billets pour les qualifications », lance Venatius Njuh.
Pendant plus d’une heure, ils sont une quinzaine d’acteurs de la discipline à avoir fait entendre leurs voix, pancartes à la main. Muselés dans un premier temps, ceux qui se constituent en Mouvement de libération de l’haltérophilie ont été ensuite reçus par des responsables du Cnosc. Court moment d’échange hors caméras à l’issue duquel les manifestants sont sortis visiblement satisfaits. « Nous rentrons satisfaits après avoir été reçus au Cnosc. Nos doléances ont été entendues et nous pensons qu’elles sont sur la bonne voie d’être prises en compte », rassure Venatius Njuh, tout en confirmant que le groupe a déposé une saisine enregistrée sous le N°0331 au Cnosc ce 20 octobre.
Dans leur correspondance du 17 octobre adressée au président du Cnosc, le Mouvement de libération de l’haltérophilie est clair : « Nous ne reconnaissons plus la légitimité du bureau actuellement en place. Nous demandons le départ de Monsieur Boukar Tikiré de la présidence et l’organisation d’élections régulières, transparentes et indépendantes ». Son argument s’appuie sur la circulaire du Minsep du 12 octobre 2022 qui fixait à deux ans la durée des mandats du cycle 2022-2026. Pour les « frondeurs », ce mandat ne saurait justifier un maintien jusqu’en novembre 2026.
Le collectif dénonce aussi la non-tenue des élections post-Jeux olympiques 2024 : « Le président a pris la lettre et l’a cachée en bas du lit, alors que d’autres fédérations ont bel et bien tenu leurs élections », indique le porte-parole. Second intervenant, l’officiel technique Magloire Honoré Njeukoua Ngoubeyou confirme : « Il y a totalement une rupture entre le président et nous, les encadreurs, les officiels, les coachs ». Le Mouvement prévient : « Si notre lettre reste sans réaction, nous avons un plan B. Nous sommes en stand-by ».



