Après les États-Unis et la Norvège, l’avocat cible désormais des réseaux présumés en lien avec les violences dans le NoSo au Royaume-Uni, au Canada et en Afrique du Sud.
Jean De Dieu Bidias
La traque judiciaire des responsables séparatistes établis hors du Cameroun va s’intensifier en s’élargissant. Me Emmanuel Nsahlai annonce, dans un post sur ses réseaux sociaux, l’ouverture de nouvelles démarches au Royaume-Uni, au Canada et en Afrique du Sud, dans le cadre de sa stratégie dite des « 3D » : « perturber, démanteler et vaincre » les réseaux qu’il accuse de financer ou de soutenir les violences dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. L’avocat d’origine camerounaise n’en est pas à sa première offensive. Dans une interview accordée à Mutations le 09 septembre 2026, il indiquait que son cabinet avait, depuis 2018, constitué et transmis des plaintes, signalements et dossiers visant plus de 200 dirigeants, financiers, propagandistes et facilitateurs séparatistes dans plusieurs pays. Sont notamment cités les États-Unis, la Norvège, la Grande-Bretagne et l’Afrique du Sud, auxquels s’ajoutent la Belgique, la France et le Canada. Plus de 30 arrestations auraient déjà été obtenues dans le cadre de cette campagne internationale.
Les États-Unis constituent jusqu’ici le principal front judiciaire de cette offensive. Selon Me Nsahlai, son cabinet y suit plus de 28 affaires ayant donné lieu à des poursuites pénales, dont plus de 19 condamnations. Parmi les procédures encore pendantes, figurent celles visant, notamment, Eric Tataw, Benedict Kuah, Pascal Wongbi, Kenneth Chungag et Mercy Ombaku. La nouvelle étape concerne trois pays. Au Canada, Nsahlai affirme avoir transmis des dossiers aux services de police, de renseignement, de contrôle financier et de poursuite. En Afrique du Sud, une plainte a été adressée aux Hawks, parallèlement à des démarches diplomatiques. Des procédures sont également suivies au Royaume-Uni, certaines informations restant confidentielles afin de ne pas compromettre les enquêtes.
Sa stratégie repose principalement sur le traçage des financements et la conservation des éléments de preuve, avec l’objectif affiché de pousser les autorités compétentes à enquêter et, lorsque les conditions légales sont réunies, à engager des poursuites. Le dossier le plus emblématique reste celui de Lucas Ayaba Cho, détenu en Norvège et dont le procès a commencé il y a quelques jours. Me Nsahlai est sur le pied de guerre, fort de la conviction que « la distance ne protégera plus ceux qui commettent la violence au Cameroun depuis l’étranger ».



