Durant deux jours de festival socio-culturel au lycée général Leclerc, les huit départements de la région se sont réunis pour célébrer leur culture et renforcer leur lien.
Michel Enony
La tribune d’honneur est parée en ce début d’après-midi. Colorée aux couleurs du Ndop, cette étoffe de coton teintée à l’indigo, associée aux cultures des Grassfields du Cameroun, elle accueille les convives. L’un après l’autre, ils laissent tomber quelques billets de banque au passage. Au milieu de cette foule visiblement conquise, artistes et musiciens esquissent un pas de danse commun : le Bensikin.
Elle hoche la tête au rythme de la musique. Maman Justine Ndeffo, 65 ans, a dû parcourir près de 293 km pour rallier Yaoundé. Partie de Bafoussam hier, ville de l’Ouest Cameroun, elle a tenu à vivre cette première édition du Conseil supérieur des communautés de l’Ouest à Yaoundé et ses environs. « C’est important pour nous de nous retrouver, de resserrer les liens. Ça nous rend tous joyeux », s’en réjouit-elle.
Le Coscoy a pris ses quartiers deux jours durant au Lycée Général Leclerc. Du 31 octobre au 1er novembre 2026, le sport, l’art et la culture ont été au cœur des échanges. Sous des tentes dressées pour l’occasion, festivaliers et exposants ont investi chaque espace pour présenter leur savoir-faire. « on a la gastronomie, l’artisanat, les danses patrimoniales et les entrepreneurs qui sont-là. C’est un évènement qui met en vitrine tout ce que nous savons faire », explique Julia Wangue, exposante.
Pour Jacques Bethel Nouya, président du comité d’organisation, cette initiative « vise à consolider le patrimoine national et le vivre-ensemble, prôné par l’ensemble des chefs de la communauté de l’Ouest. »
L’initiative a séduite plus d’un. Cette jeunesse ne cache visiblement pas son amour pour ses racines. C’est le cas de ces demoiselles qui, le temps d’un week-end, ont troqué leur uniforme de classe pour des tenues de beauté. Avec pour objectif, devenir la « Miss beauté de la région de l’Ouest » pour cette première édition.
Au-delà de la fête, le Coscoy aura réussi son pari. « Ce premier rendez-vous nous enseigne plusieurs choses : l’union fait la force : quand les chefs se parlent et travaillent ensemble, la communauté entière en bénéficie. Le besoin de rassemblement est réel, la forte mobilisation montre que nos fils et filles attendaient un cadre comme celui-ci », a relevé Paul Eric Djomgoue, président du Coscoy.
De Bafoussam à Yaoundé, en passant par foumban, l’Ouest a une âme, et elle continue de battre au cœur de la capitale.


