Conrad Ntoh Nkuo : Nous gérons un bon nombre de maladies zoonotiques 

Le secrétaire permanent du Programme national de prévention et de lutte contre les zoonoses émergentes et ré-émergentes revient sur l’importance de la conférence organisée par l’Institution dont il a la charge le 3 novembre 2026, à l’occasion de la Journée mondiale « Une seule santé ».

Guy Martial Tchinda 

Dans le cadre de la célébration de la 11e édition de la Journée mondiale “Une seule sant, le Programme national de prévention et de lutte contre les zoonoses émergentes et ré-émergentes, Plateforme une seule santé du Cameroun, a organisé, le 03 novembre 2026 une conférence sur le thème « Briser les silos, bâtir la synergie: une nation, une seule santé ». Pouvez-vous nous présenter le contexte dans lequel le Cameroun observe cette manifestation ?

Nous profitons de cette opportunité que nous offre cette journée pour sensibiliser le public sur les thématiques liées à l’approche « Une seule santé». Cela inclut les zoonoses (les maladies transmises entre les animaux et les êtres humains), la sécurité des aliments concernant les plantes et la nourriture animale que cultivent nos agriculteurs, ainsi que la résistance antimicrobienne — que nous qualifions désormais de « pandémie silencieuse » car de nombreuses personnes en souffrent à travers le monde sans même le savoir. L’approche « Une seule santé » unit ces trois thématiques pour nous permettre de sensibiliser efficacement la population.   

Quels sont les principaux types de zoonoses que l’on retrouve au Cameroun ?

Au Cameroun, nous gérons un bon nombre de maladies zoonotiques prioritaires. La rage se positionne au premier rang. Nous avons également la tuberculose bovine et le Mpox, dont la présence est avérée actuellement dans certaines parties du pays. De plus, nous nous préparons face à une éventuelle importation d’Ebola — en espérant vivement que cela ne se produise pas —, l’anthrax étant par ailleurs ce qui a motivé la création de cette plateforme « Une seule santé ». Enfin, des pays voisins font face à la fièvre de Lassa, et nous prenons toutes les dispositions préventives pour empêcher son incursion au Cameroun.   

Quels sont les différents sujets qui ont été abordés lors de cette journée ?

Les divers sujets portent principalement sur la dynamique de groupe. Les êtres humains ont souvent tendance à privilégier leurs priorités individuelles, or nous savons que pour prévenir efficacement les maladies, nous devons travailler ensemble. Les vétérinaires doivent collaborer avec le personnel médical, de même que les acteurs de l’environnement, du changement climatique et nos communautés : nous avons tous un rôle à jouer dans la maîtrise des maladies.