Derrière les quelques minutes d’un vidéogramme se cachent des heures de préparation, une équipe mobilisée et de nombreux imprévus.
Marielle Ongono

L’équipe en plein travail.
Quartier Elig-Edzoa, à Yaoundé. Il est environ 16 heures, le 6 août 2026. Le ciel est clément. L’artiste musicien Maahlox Le Vibeur, le réalisateur Tepson et son équipe, ainsi que de nombreux fans, se sont retrouvés pour le tournage du vidéogramme de la nouvelle chanson de l’artiste, « John Wick ». La soirée s’annonce longue. La mise en place se fait progressivement. Habillage, réglage des appareils, dernières répétitions des danseurs. Les figurants attendent impatiemment le signal. Le dress code est simple : « black black ». Derrière les belles images souvent projetées se cachent plusieurs mains, plusieurs énergies et du génie créatif. L’ambiance autour du tournage est conviviale. Chacun connaît son rôle. À 18 heures, les choses se précisent. L’équipe se réajuste et chacun se met aux couleurs choisies.
Le tournage se déroule sur trois espaces. Première escale : la route. Des motards livrent un spectacle sous le regard attentif des populations. Le réalisateur, Tepson, est installé à bord d’une moto pour capter des scènes pensées au préalable. Son assistant, lui, pilote le drone pour d’autres prises de vue. La suite se poursuit dans la cour avant de regagner la grande salle. Le tournage d’un clip part de la conception. Selon le réalisateur, certains artistes écrivent leur musique avec un concept de vidéogramme déjà en tête. Pour ce projet, l’équipe principale compte quatre personnes : un responsable de l’éclairage, un assistant plateau, le deuxième réalisateur et deux personnes chargées du matériel. Lorsque le plateau devient plus important, des renforts sont sollicités.
S’agissant des difficultés rencontrées, la perte des images figure en bonne place. « Tu tournes un clip avec beaucoup d’engouement et tu perds même une petite partie des rushs. Ça arrive souvent et c’est très dur », confie le réalisateur. Autre difficulté : un concept parfois insuffisant. « Tu te rends compte au montage que les images tournées ne suffisent pas à garder l’attention du début à la fin. Parfois, tu montes, mais tu ne ressens pas la chose. Là, c’est un peu spirituel. »
Une fois les dernières images captées vient l’étape du dérushage, qui nécessite minutie et attention. C’est en réalité ce qui se cache derrière les vidéogrammes des clips musicaux.



