Bras de fer entre le Minesup et le Synes

Jacques Fame Ndongo maintient la réunion de ce 11 septembre 2026, convoquée à la suite du mot d’ordre de grève lancé le 3 septembre dernier par le bureau exécutif national du Syndicat national des enseignants du supérieur, lequel s’était dit disponible plutôt la semaine prochaine.

Arnaud Kuipo

 Le campus de l’Université de Yaoundé I le 10 septembre 2026.

 

« En prélude à la rentrée académique 2026-2027, la réunion du 11 septembre 2026 à 11 h est maintenue. » Ceci est un extrait du communiqué du ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup), signé le 10 septembre. Le message est clair : le gouvernement n’entend pas se plier à la volonté du bureau exécutif national du Syndicat national des enseignants du supérieur (Ben-Synes).

Plus tôt ce même 10 septembre, au nom du Ben-Synes, la secrétaire générale, Jeannette Wogaing Fotso, avait en effet exprimé l’indisponibilité des syndicalistes à répondre présents à cette réunion à laquelle ils étaient conviés. « La date de convocation de la réunion, soit demain le 11 septembre 2026, est trop rapprochée pour permettre un déploiement matériel réaliste de la part du Synes », pouvait-on lire dans sa correspondance. Face à cette situation, les syndicalistes avaient proposé que ladite réunion se tienne plutôt la semaine prochaine.

Il n’en sera donc rien, puisque le Minesup a campé sur ses positions. Ce dernier précise que cette rencontre se tiendra dans son département ministériel à Yaoundé, en présence « des responsables des institutions universitaires, des représentants du ministre des Finances, des syndicats et des représentants d’enseignants, en vue d’un dialogue social constructif, inclusif et républicain ».

Par ailleurs, pour le ministre, le mot d’ordre de grève illimitée lancé par le Synes dans les universités publiques depuis le 3 septembre est sans impact sur le terrain. Il en veut pour preuve que les « activités pédagogiques suivent leur cours dans la mesure où : les admissions sur étude de dossier s’effectuent ; les concours d’admission sont lancés ou ont eu lieu […] et les enseignements ont redémarré par anticipation dans certaines grandes écoles ».

En rappel, c’est à l’occasion d’une session extraordinaire de son bureau exécutif national, tenue le 3 septembre, que le Ben-Synes avait décidé de décréter « une rentrée académique morte, se traduisant par une grève illimitée ». Les enseignants ont été appelés « à cesser, sans exception, toute activité académique et de recherche, et ce, jusqu’à la satisfaction de leurs revendications ». Ces dernières portent notamment sur : une suite à la demande d’audience adressée il y a plus d’un an au président de la République ; le paiement intégral, à tou(te)s les enseignant(e)s sans exclusive, des sommes dues au titre de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche ; et l’apurement total de la dette académique.