Il revendique entre autres le paiement intégral des sommes dues de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche, à tou(te)s les enseignant(e)s.
Arnaud Kuipo

Le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) décide « d’une rentrée académique morte se traduisant par une grève illimitée, dans toutes les universités publiques ». Ladite décision a été prise à l’issue d’une session extraordinaire de son bureau exécutif national tenue le 3 septembre 2026 par visioconférence. D’après le communiqué ayant sanctionné les travaux, les enseignants sont appelés, depuis la diffusion dudit communiqué, « à cesser sans exception, toute activité académique et de recherche, et ce jusqu’à la satisfaction des revendications ». Ce sont : une suite à la demande d’audience adressée, il y a plus d’un an, au président de la République ; le paiement intégral des sommes dues de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche, à tou(te)s les enseignant(e)s, sans exclusive ; l’apurement total de la dette académique.
En effet, cette décision s’appuie sur « l’indifférence persistante du gouvernement de la République en ce qui concerne ses engagements en matière de dialogue social, de gouvernance universitaire et de préservation d’un climat social apaisé au sein de nos universités publiques » ; mais aussi « le silence et le mépris affiché par les autorités étatiques. »
Si le Synes réaffirme sa disponibilité à un « dialogue social sincère, constructif et orienté vers des solutions concrètes », il ne manque pas de souligner que « Le mot d’ordre de grève légitimement lancé par le syndicat protège tout enseignant du supérieur sans distinction ».
Soulignons qu’à l’occasion d’un précédent mot d’ordre de grève du Synes, la secrétaire générale dudit syndicat confiait ceci à Mutations au sujet de la dette académique : « L’État s’était engagé à régler cette dette en 2024, puis en 2025. Nous sommes en 2026. Seules trois universités concernées par ladite dette ont été réglées. La dette académique globale est d’à peine 15 milliards 600 millions Fcfa. » Jeannette Wogaing ajoutait que ledit « montant ne représente pas grand-chose au regard du travail colossal qui a été accompli au cours de plus de 21 ans. »
La grève étant lancée, reste à savoir si elle sera massivement suivie sur les différents campus des 11 universités d’Etat.



