Affaire Rose Bella – Ngon Eton : Un autre scandale sexuel, impliquant une footballeuse

Une vidéo intime des deux figures bien connues de la toile a fuité il y a trois jours, et remet au goût le phénomène de l’homosexualité dans le dans le football féminin au Cameroun et la source de l’opulence des influenceuses du pays. 

Lorine Claudia Agnang

Les deux figures impliquées

La ferveur de la Coupe d’Afrique des nations (Can) et des exploits des Lionnes indomptables est encore fraîche dans les esprits. Pourtant, le  7 septembre 2026 au soir, alors que les familles faisaient le bilan de la première journée des classes avec leurs enfants, un nouveau dossier atterrit, contre toute attente, sur la toile. Il s’agit d’une séquence intime capturée devant un miroir où l’on voit la footballeuse Rose Bella , qui a récemment défendu le drapeau tricolore à Rabat,  et la Tiktokeuse connue sous le nom de  « Ngon Eton » s’embrasser. La réaction des internautes ne s’est pas fait attendre : « Finalement la toile ci ne repose jamais ! Toujours de nouveaux dossiers ! », s’exclame un utilisateur. En quelques heures, les partages se multiplient sur Facebook ;  sur TikTok et les analyses fusent, oscillant entre moqueries et décryptages.

Pour certains internautes, la vidéo ne fait que confirmer des soupçons alimentés par l’apparence et les codes vestimentaires masculins de la joueuse. Bien qu’il y a quelques jours, elle s’est présentée dans une vidéo, un peu féminine, arborant une perruque, un “kaba” et des mules. L’affaire ne laisse pas indifférent l’univers médiatique : « Où sont les procureurs généraux ? Sont-ils désormais de simples suiveurs, passifs, au lieu d’être les premiers défenseurs de la loi camerounaise ? Sont-ils juste efficaces sur le bas peuple, et aveugles sur les gens de pouvoir et leurs protégés ? Parce que clairement, on peut dire sans risque de se tromper qu’au Cameroun, le 2 poids 2 mesures est devenu une norme. Et la norme est perçue comme un problème. Que ce soit le cas Rose Bella aujourd’hui, Gaëlle Enganamouit hier, la fille du Président ou d’autres avant elles, le procureur général doit s’auto-saisir non pas seulement pour passer un message mais pour garantir et conforter la loi telle que votée. », s’est exprimé le journaliste Marc Chouamo sur sa page Facebook. 

Ce scandale ravive ainsi le débat autour de l’homosexualité dans le football féminin local, un sujet tabou déjà mis en lumière lors de l’affaire Gaëlle Enganamouit, il y a quelques années. Dans les états-majors du sport national, le silence règne, mais beaucoup scrutent désormais la réaction officielle de la Fecafoot.

Sur le plan individuel, les retombées sont immédiates. La TikTokeuse, prothésiste ongulaire de profession, aurait perdu un contrat commercial signé 48 heures plus tôt. Dans la foulée, elle a publié un message au ton énigmatique : « On a failli me tuer en juin ici pour un iPhone 17 qu’on m’a offert, juste parce que j’ai dit que j’en avais marre de la relation. On a brûlé mes perruques, arraché le téléphone, jusqu’à m’étrangler. Le lendemain j’ai acheté un autre téléphone et j’ai déménagé direct. Dieu merci mon Nail bar a toujours été à mon nom. Les filles, faites attention à vos relations. » Reste à savoir si cette dénonciation de violences conjugales vise la footballeuse ou s’il s’agit d’un épisode antérieur. Mais plusieurs voix se lèvent sur la toile, affirmant que plusieurs influenceuses sont dans le bain de l’homosexualité et que c’est là,  la source se leur opulence. 

Réaction

Coach Blonde, l’homosexualité au Cameroun 

Lorsque les Occidentaux ont commencé à parler de la dépénalisation de l’homosexualité, vous avez crié : « Jamais chez nous ! »  Mais regardez-vous aujourd’hui : vous ne parlez presque plus que de cela. Robinson Piffo est peut-être un pionnier qui s’ignore. À force d’exposer, de commenter, de condamner et de relayer, il participe lui-même à rendre le sujet omniprésent. Quand vous jugez quelque chose répugnant, vous la laissez mourir d’une mort silencieuse. Il n’existe pratiquement pas de mauvaise publicité  Il y a quinze ans, est-ce qu’une femme aurait pu s’afficher publiquement en embrassant une autre femme au Cameroun sans provoquer un immense scandale ? Aujourd’hui, tout le monde se jette sur Ngon Eton parce que le pays s’ennuie et qu’il lui faut constamment une nouvelle distraction. Mais, comme toujours, l’agitation finira par passer.

 

Si vous aviez ignoré cette histoire, si vous n’aviez ni commenté ni partagé les images, elle n’aurait jamais pris une telle ampleur. Partager une vidéo intime, c’est participer à sa propagation. C’est créer un lien entre soi et ce que l’on prétend condamner. Qui diffuse les images sexuelles d’une autre personne en riant, si ce n’est pas la sorcellerie que tu veux appeler dans ta propre vie ? Sous prétexte de sensibiliser, vous ne faites qu’attiser la curiosité. Vous transformez sans cachet en campagne publicitaire nationale

 

Soyons également sérieux : les pays qui ont dépénalisé l’homosexualité disposent généralement de systèmes de santé et de recherche plus avancés. Ils financent davantage la prévention du Vih, l’étude des cancers anaux et l’accès à des traitements moins lourds.

L’Afrique, elle, veut parfois copier la liberté sexuelle de sociétés dont elle n’a pas encore construit les infrastructures sanitaires, sociales et politiques. Les fantasmes sont plus faciles à assumer dans un pays où l’on peut se faire soigner, où les routes sont praticables, où les institutions fonctionnent et où les libertés individuelles sont protégées.

 

En Afrique, nous réclamons parfois la liberté de jouir avant même d’avoir obtenu la liberté de vivre dignement.    Concernant Ngon Eton, perdre des contrats ne devrait jamais être une punition pour son orientation sexuelle. En revanche, une exposition volontaire à caractère sexuel peut légitimement avoir des conséquences professionnelles lorsque l’image d’une personne est directement associée à des marques.Dans cette relation médiatique, Ngon Eton doit surtout comprendre qu’elle représente le tiers-monde pendant que Bella Rose incarne le pays développé.

 

Bella Rose est déjà une vedette. Sa notoriété lui sert de bouclier. Elle possède le statut, les relations et le capital symbolique nécessaires pour survivre à un scandale. Les pauvres ont toujours tort, même lorsqu’ils commettent exactement les mêmes folies que les riches. Voilà pourquoi une personne sans pouvoir devrait réfléchir longuement avant de jouer selon les règles des puissants. Parce que le scandale amuse tout le monde, mais sa facture n’est jamais répartie équitablement.

Ailleurs

France

Alors que l’Union européenne prépare de nouvelles mesures pour protéger les mineurs en ligne, le débat s’intensifie autour de l’encadrement des réseaux sociaux. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit annoncer ses arbitrages le 16 septembre.

D’un côté, le président français Emmanuel Macron plaide pour une interdiction stricte de l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans et demande l’instauration d’une « majorité numérique » harmonisée à l’échelle européenne.

De l’autre, un collectif de 132 associations et experts (dont 5Rights, e-Enfance et Amnesty International) s’oppose à cette interdiction catégorique dans une lettre ouverte. Selon eux, bannir les plus jeunes déresponsabiliserait les entreprises de la Tech en faisant reposer la sécurité uniquement sur les familles. Ils demandent plutôt à l’UE d’imposer des restrictions d’âge proportionnées et des règles de sécurité renforcées afin de garantir un environnement numérique sûr et adapté aux enfants.