La recommandation phare de la réunion annuelle des chefs de cours d’appel et des délégués régionaux tenue les 29 et 30 octobre 2026 à Yaoundé porte sur la préparation de textes pour clarifier le régime et le statut du détenu travailleur.
Désiré Domo
La réunion annuelle des chefs de cours d’appel et des délégués régionaux de l’administration pénitentiaire s’est tenue les 29 et 30 octobre 2026 dans la salle des actes du ministère de la Justice. Les travaux ont été ouverts par le patron des lieux, le ministre d’État, ministre de la Justice, Garde des sceaux, Laurent Esso.
Dans son discours d’ouverture, le Garde des Sceaux a d’abord invité à observer une minute de silence en mémoire des personnels judiciaires et pénitentiaires décédés. Il a ensuite placé les assises sous le signe de la rigueur. Deux exposés ont meublé les travaux. Le premier, présenté par le Procureur général près la cour d’appel du Littoral Jean-Claude Foe, portait sur l’opportunité des poursuites. Il a défini ce principe comme « la faculté reconnue au ministère public d’apprécier les suites à réserver à une plainte ». Laurent Esso a insisté sur la nécessité de sa bonne compréhension pour éviter que le public ne pense que « les magistrats du parquet décident, dans l’arbitraire, de poursuivre ou de ne pas poursuivre ».
Le second thème, présenté par le directeur de l’administration pénitentiaire Pierre Landry Etoundi concernait les prisons de production au Cameroun. Le ministre a rappelé que « la réinsertion socio-économique et professionnelle des personnes privées de liberté est l’une des principales préoccupations », et que ces prisons permettraient « d’améliorer le quotidien et, surtout, de rendre plus substantiel le pécule » des détenus.
À l’issue des débats, six recommandations ont été adoptées. Pour l’opportunité des poursuites, il est recommandé l’appui du parquet à la victime pour l’identification des auteurs en cas de citation directe, la motivation obligatoire de tout classement sans suite et le renforcement du contrôle des prisons par le Parquet.
Pour les prisons de production, la recommandation centrale porte sur « la préparation des projets de textes en vue de mieux encadrer le régime de la prison de production et de clarifier le statut du détenu travailleur ». Il est également préconisé d’intégrer le suivi post-carcéral et de budgétiser l’obtention des titres fonciers pour sécuriser les domaines pénitentiaires. La restitution des travaux à leurs collaborateurs est attendue dans un délai de trois mois. En marge des travaux, 44 personnels méritants ont été décorés au titre du 20 mai 2026, dont 18 de l’Ordre de la Valeur et 26 de l’Ordre du Mérite Camerounais.
Réactions
Philippe René Nsoa, commandeur de l’Ordre de la valeur : La hiérarchie a vu en nous ce mérite

En pareille circonstance, il n’y a qu’un seul sentiment, c’est un sentiment de joie. Mais à cette joie s’ajoute un autre sentiment, c’est celui de la gratitude. Gratitude d’abord envers le Tout-Puissant, de qui nous tenons la vie et qui a rendu cet événement possible. Ensuite, gratitude envers le chef de l’État, qui a été l’instrument de la divine Providence pour que nous soyons ici aujourd’hui. Mais pour que le chef de l’État nous élève à cette distinction, il a bien fallu que ses collaborateurs lui en suggèrent la possibilité. C’est l’occasion pour moi d’adresser mes infinis remerciements à monsieur le ministre d’État, ministre de la Justice, Garde des sceaux, qui a formulé cette proposition, laquelle a été validée par la très haute hiérarchie. Je suis un homme comblé.
Il faut beaucoup de courage et beaucoup d’engagement. Ce sont des engagements de chaque instant, depuis que nous exerçons. Je voudrais dire à la jeune génération qui nous regarde qu’à près de deux ans de la retraite, cela fait plus de 36 ans que j’exerce la profession de magistrat. Et s’il me semble que la hiérarchie a vu en nous ce mérite, c’est parce que quotidiennement, nous nous sommes investis corps et âme pour que tout soit possible. En même temps, ce n’est pas un mérite individuel, il est collectif. Les collaborateurs de la hiérarchie nous observent et nous voient travailler.
Myriane Laure Tchawo, médaillée de la force publique : Nous allons redoubler d’ardeur au travail

Fonctionnaire de l’administration pénitentiaire, surintendant de prison en service à la Délégation régionale de l’administration pénitentiaire du Centre, j’ai reçu en ce jour un titre honorifique, plus précisément la médaille de la Force publique. Cette distinction marque la reconnaissance de la hiérarchie à mon égard, au regard des multiples services rendus.
C’est un sentiment de joie et de satisfaction totale, et surtout, cela va contribuer à me booster davantage. Savoir que nos efforts quotidiens ne sont pas vains nous amènera à être encore plus dévoués. Nous allons redoubler d’ardeur, sachant que nous sommes observés et que notre travail est reconnu.


