Face à la progression des cas, le Minproff a tenu le 30 septembre 2026, une réunion stratégique pour réévaluer et renforcer ses méthodes de lutte contre les féminicides.
Rebara Habra

Face à la multiplication des meurtres de femmes, le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille veut revoir son plan de riposte. Une réunion élargie aux administrations et partenaires concernés s’est tenue hier, mercredi 30 septembre 2026, à Yaoundé.
La peur s’installe. Et les chiffres donnent du poids à cette inquiétude. Au Cameroun, les féminicides ne cessent de progresser. Après 50 femmes tuées en 2023, 67 en 2024 et 77 en 2025, le pays comptait déjà 50 féminicides entre janvier et avril 2026, selon les chiffres présentés par la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, devant l’Assemblée nationale. Une compilation plus récente, relayant des données du Minproff fait état de 73 cas recensés entre janvier et septembre 2026.
Derrière ces statistiques, des femmes. Des épouses, des mères, des filles. Et, très souvent, un proche. Les données disponibles indiquent que les auteurs présumés sont fréquemment des conjoints, des membres de la famille, des voisins ou des personnes connues des victimes.
C’est dans ce contexte que le Minoroff entend passer à une nouvelle étape. Le mercredi 30 septembre, le secrétaire général du Minproff, Moussa Aoudou, a présidé une réunion élargie aux ministères sectoriels concernés par la lutte contre les violences faites aux femmes. Au menu : les stratégies de lutte contre les féminicides et, surtout, la manière de les renforcer. « Nous voulons faire évoluer nos stratégies », confié Françoise Bernadette Bekono, sous-directrice de la promotion des droits de la femme. Pour elle, l’enjeu est désormais de réfléchir avec les autres administrations aux moyens de mieux contenir les féminicides et les violences basées sur le genre.
La réflexion intervient alors que le cadre juridique existe déjà. Le Code pénal de 2016 permet notamment de sanctionner plusieurs formes de violences et d’atteintes aux personnes. Mais le dispositif juridique ne suffit manifestement pas à enrayer la spirale.


