Climat des affaires : Le Cameroun, un bon risque pour les investisseurs européens ?

La « Cameroon-European Union Business Week » s’est ouverte ce 20 février à Yaoundé, pour tabler sur les potentialités du pays.


Par Cyril Essissima


Ue-Cameroun, une nouvelle façon de coopérer.

Rencontres B2B et B2G, partage d’expériences, débats, réseautage, signature d’une convention de financement pour l’appui aux chaînes de valeur, etc. C’est le menu de la première journée du forum dénommé « Cameroon-European Union Business Week » (Cameroon-EU Business Week) ouvert ce 20 février 2024 à Yaoundé. Les échanges de vues sur le climat des affaires au Cameroun amènent les officiels à s’accorder sur le fait que le pays regorge un énorme potentiel et se présente comme un risque pour les investisseurs tant européens que camerounais. Cet enthousiasme est davantage nourri par la stabilité et les opportunités qu’offre l’important marché du pays.

Avec ses cultures et ses ressources diversifiées, « le Cameroun, pays continent, c’est près de 30 millions d’habitants. C’est aussi la porte d’entrée de près de 300 millions de consommateurs.  Pays dont la stabilité est un argument essentiel, le Cameroun aspire à devenir un hub économique, un hub énergétique, un hub en infrastructure, un hub en télécommunications pour la région Afrique centrale », vante le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey. En outre, 40% des échanges économiques du Cameroun en 2022, ainsi que 55% de ses exportations se sont faits avec et en direction de l’Union européenne (Ue) qui, par ce fait même, est « premier partenaire commercial du Cameroun », se réjouit le Minepat, en présence de plusieurs autres membres du gouvernement dont le ministre des Finances, Louis Paul Motaze.

A en croire Alamine Ousmane Mey, la stabilité du pays s’observe également au plan macroéconomique (finances publiques, politique monétaire et commerce extérieur). La preuve en est que malgré une conjoncture internationale et nationale austère ces dernières années, le Cameroun s’est montré résilient, avec « en moyenne 3,5% de taux de croissance. Partant d’une position monétaire fragile en 2016, le Cameroun a aujourd’hui plus de cinq mois de réserves de change en termes de droits d’importation », ajoute le ministre de l’Economie. Quant aux exportations, bien que limitées, le Cameroun va de plus en plus à la conquête du marché européen grâce à la signature des Accords de partenariats économiques (Ape). Et le Minepat de relativiser en reconnaissant que « nous avons encore une balance commerciale qui devrait être inversée par l’importance de l’investissement ».

Sur le thème : « Saisir les opportunités d’investissement et commerciales au Cameroun », la Cameroon-EU Business Week se poursuit jusqu’au 22 février, en marge de la 9e édition du Salon international de l’entreprise, de la Pme et du partenariat (Promote 2024). La suite des activités prévoit le lancement de l’« Initiative équipe Europe investir sur les jeunes pousses en Afrique », abrégée en anglais TEI-IYBA (pour un échange sur l’accès au financement, l’entreprenariat féminin, pour clôturer avec une visite du barrage de Natchigal, fruit de la coopération bilatérale France-Cameroun).