Réactions
Jean Marc Chataigner, ambassadeur de l’Ue au Cameroun
« Nous avançons avec le gouvernement camerounais »

Effectivement, il y a des problèmes de financement bancaire qui existent au Cameroun. Les banques sont un petit peu prudentes par rapport aux demandes de financement, et par ailleurs elles sont confrontées à des taux de sinistralité bancaire, des difficultés de remboursement des entreprises.
Donc, comment faire en sorte pour effectivement mettre en place des garanties pour les entreprises et pour les banques ? Comment faire en sorte que les banques accèdent aux guichets des banques et puissent obtenir leurs financements ? Qu’elles puissent les obtenir ici à Yaoundé, peut-être à Douala, mais aussi au-delà. A Maroua, à Garoua, dans tout le pays. Comment faire en sorte que de petites entreprises puissent bénéficier de micro-crédits ? Ce sont des sujets très concrets sur lesquels nous avançons avec le gouvernement camerounais qui par ailleurs à une politique très ouverte de financement du secteur privé au Cameroun que nous souhaitons véritablement accompagner.
Célestin Tawamba, co-président de Gecam
« Il faut qu’on change de paradigme »

Le Cameroun, certainement mieux que n’importe quel pays en Afrique centrale, est le lieu où il faut être. Mais maintenant, est-ce que nous faisons tout ce qu’il faut. Nous, collectivement, Européens, Etat du Cameroun, pour capitaliser tout ce potentiel. Je dis non. J’ai entendu beaucoup de choses, et ça fait beaucoup de temps que j’entends cela. Je voudrais vous demander si entre l’année dernière et cette année, vous Européens pensez que vous avez fait des bonnes choses au Cameroun.
Les entreprises qui sont au Cameroun, c’est 99% des Pme qui ont des problèmes réels. J’en prends un : les financements. Nous avons besoin des financements, nous n’avons pas besoin d’aide. Nous avons besoin des investissements. De vrais investissements. Et lorsqu’on donne des investissements, il faut que ce soit adapté aux besoins.
Mais souffrez qu’on dise que beaucoup d’investissements ne sont pas adaptés à nos besoins. J’entends dire que « nous appelons les banques » ; « nous donnons une garantie aux banques ». Mais je vous dis aussi que ces banques-là très souvent ne sont pas tout à fait alliées avec ce que vous donnez parce que les coûts, les conditions sont extrêmement difficiles. Quand je fais la différence de différence entre le montant des investissements que l’Ue accorde à un pays comme la Côte d’Ivoire c’est beaucoup trop peu par rapport à ce qu’elle accorde au Cameroun. Il faudrait augmenter les investissements au niveau du Cameroun.
En ce qui concerne les Pme, il faut essentiellement changer de paradigme parce que les conditions sont juste impossibles et inaccessibles. Nous comprenons aujourd’hui que le monde change. Energie, changement climatique, énergie verte, problème de carbone… Très bien. Mais c’est bien l’Europe qui a détruit la planète. Nous voulons bien contribuer à ce que nous puissions tenir compte de l’environnement, mais avec nos potentialités. Parce que quand nous avons souvent à investir, on nous demande des enquêtes environnementales dont le coût de financement est insupportable par l’investisseur. C’est beaucoup plus difficile de faire un projet en 2024 qu’il y a 50 ans à cause des conditionnalités. Il faut qu’on change de paradigme, à la fois pour permettre à l’Etat de mieux accompagner et sortir de l’incantation, de sorte que les discours soient pratiques, que le dialogue soit plus fécond ; mais en même temps que les Européens puissent adapter leurs financements aux besoins réels des populations. On parle à chaque fois de l’atteinte de l’émergence. Mais nous devons aller beaucoup plus vite. Parce que quand on regarde les taux de croissance, nous avons 9% de croissance sur les 10 dernières années. Pour doubler le Pib par habitant au Cameroun au rythme actuel, il nous faudra 68 ans.
Yanis Arnopoulos, Dg du Groupe Arno et président de Eurocham
« Le Cameroun a beaucoup de choses à offrir »

Le Groupe Arno est là depuis 60 ans. Et depuis toutes ces années ont s’est beaucoup diversifié. On est dans beaucoup de domaines d’activités aujourd’hui. Le groupe Arno est dans l’énergie, dans le bâtiment, dans l’immobilier, dans la distribution.
Le climat des affaires est certes difficile. Mais on voit que le gouvernement veut faire en sorte de l’améliorer et d’accompagner le secteur privé. Il y a encore beaucoup de choses à faire. Mais il est à l’écoute. Une transparence de plus en plus importante se met en place. Et donc ça permet de voir l’avenir avec positivisme et de maintenir nos ambitions de développement économique et social. On a aujourd’hui 500 employés dans le groupe. On continue de grandir tous les ans.
Le partenariat est très important. Il ne faut pas avoir peur du mot partenariat. Il ne faut pas opposer l’Europe avec le Cameroun. Au contraire, c’est ensemble en créant des ponts qu’on va arriver à créer de belles choses. Les pays dits émergents aujourd’hui comme les pays asiatiques sont passés par ces moments-là où ils ont créé des partenariats avec les pays de l’Occident, européens américains ou autres… Donc, on doit aussi s’ouvrir à ce type de partenariat et ne pas en avoir peur.
Aux autres investisseurs européens qui ne connaissent pas encore le Cameroun, je leur dirais : N’ayez pas peur. Venez voir. On est là pour ça. Nous entrepreneurs, nous Chambre de commerce européenne (Eurocham-Cameroun), on est là pour vous expliquer comment ça se passe, pour vous aider à naviguer dans l’environnement des affaires qui n’est pas simple. Il n’est simple nulle part. Venez par vous-mêmes et vous constaterez que le Cameroun, le continent a beaucoup de choses à offrir.



