La télévision de l’homme d’affaires Amougou Belinga est suspendue pour un mois par le Conseil national de la communication, après avoir refusé de déférer à deux convocations du régulateur.
Rebara Habra

48e session extraordinaire, l’organe de régulation du secteur de la communication a prononcé une nouvelle série de sanctions contre plusieurs médias et des journalistes. Dans cette série, le groupe l’Anecdote a battu le record. Au cœur de cette décision, la non-exécution d’une précédente sanction du Cnc et des propos considérés par le régulateur comme une remise en cause de son autorité.
Pour Vision 4, la sanction est d’un mois de suspension de toute diffusion de programmes audiovisuels. Le Cnc reproche notamment à la chaîne de ne pas avoir donné suite à sa convocation, après deux reports sollicités par ses responsables. Le régulateur évoque également la non-exécution d’une décision prise le 18 août 2026 dans le cadre de l’affaire Martinez Zogo.
Cette première décision avait notamment suspendu pendant trois mois le journaliste Owona Thaddée Martial pour un reportage diffusé le 2 juin 2026 et jugé contraire à l’éthique et à la déontologie professionnelles à l’égard de Me Félicité Esther Zeifman, avocate au Barreau du Cameroun. Le directeur général des médias du groupe L’Anecdote avait, lui, écopé d’un avertissement.
Le Cnc estime que cette décision n’a pas été appliquée. Le journaliste Owona Thaddée Martial voit ainsi sa suspension portée de trois à six mois. Boni Meyene Philippe est, pour sa part, suspendu pendant un mois de l’exercice de la profession de journaliste au Cameroun.
Le régulateur lui reproche notamment des propos tenus le 30 août 2026 dans l’émission « Club d’Elites », diffusée sur Vision 4, et considérés comme mettant en cause l’autorité du Cnc. Le Conseil relève également son absence lors des convocations destinées à entendre les responsables de la chaîne sur les faits reprochés.
La série de mesures ne s’arrête pas à Vision 4. Le journal L’Anecdote et son directeur de publication sont également dans le viseur du Cnc. Le régulateur revient notamment sur l’édition n°1502 du 18 août 2026. Celle-ci avait publié en page 3 un article signé Owona Thaddée Martial alors que ce dernier faisait déjà l’objet d’une suspension temporaire de l’exercice de la profession de journaliste.
La Une de cette édition avait par ailleurs affiché la manchette : « Conseil national de la communication à la solde des lobbies du mal ». Le Cnc considère cette publication comme une atteinte à son autorité et invoque notamment les dispositions du code de déontologie du journaliste relatives au respect de la communauté nationale et de ses institutions.
À travers ces différentes décisions, le Cnc entend donc faire respecter ses précédentes mesures et rappeler aux médias leur obligation de collaborer avec l’organe de régulation. Le bras de fer entre le régulateur et le groupe L’Anecdote franchit ainsi un nouveau palier.



