Intronisé le 27 septembre 2026, Betchang Mbombo prend les rênes du canton avec pour principales missions de préserver la paix et de contribuer au développement socio-économique.
Rebara Habra
À Songkolong, la succession est désormais scellée. Après plusieurs semaines de transition ouvertes par la mort de sa majesté Baouro Gouah, le canton a un nouveau chef supérieur. Sa majesté Betchang Mbombo a été intronisé ce dimanche 27 septembre 2026, au terme d’un processus conduit selon les usages de la tradition mambila et dans le respect des procédures administratives applicables aux chefferies traditionnelles.
Son arrivée à la tête du canton intervient après une période de deuil au cours de laquelle un régent, le « Mgbe Gnou », a assuré la continuité de la chefferie. Selon la coutume en vigueur à Songkolong, la désignation du successeur ne pouvait intervenir avant l’écoulement d’au moins 40 jours après l’inhumation du chef défunt. Cette période permet à la communauté de rendre hommage au disparu et, selon les croyances traditionnelles, d’accompagner son passage vers le monde des ancêtres.
Avec son intronisation, Songkolong tourne la page Baouro Gouah et ouvre celle d’une nouvelle génération à la tête de la chefferie. Sa majesté Betchang Mbombo arrive dans un contexte marqué par plusieurs défis socio-économiques et culturels. « Nous attendons du chef la résolution des problèmes agropastoraux, du conflit foncier et le renforcement de la cohésion sociale entre les différentes composantes sociologiques du canton », a indiqué Vivien, président du comité de développement de la localité.
Préservation de la paix
Les autorités administratives comptent également sur le nouveau chef pour contribuer à la préservation de la paix. « Nous demandons au chef de tout faire pour accompagner l’État dans sa mission de préservation de la paix. Qu’il aide l’État dans la réalisation de tous les projets qui sont en vue dans ce village », a déclaré le sous-préfet de Bankim, Théodore Yassa.
Betchang Mbombo prend ainsi la direction d’un territoire de plus de 37 000 habitants, considéré comme le principal pôle démographique de la zone mambila. Le canton est à l’image de son histoire : cosmopolite. Autour des Mambilas, population autochtone, vivent notamment des Peuhls, Haoussas, Tikars et Bororos. Des communautés originaires du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, notamment des Yambas, Bansos et Bamétas, y sont également installées. À celles-ci s’ajoute une communauté mambila venue du Nigeria voisin.
Développement
Le nouveau chef hérite également d’un bassin économique largement tourné vers l’agriculture. Maïs, manioc, arachide, patate, igname, banane plantain et banane douce figurent parmi les principales productions vivrières. Le café et le cacao occupent une place importante dans les cultures de rente, avec une production annuelle estimée à plus de 6 500 tonnes de café et plus de 2 000 tonnes de cacao. L’élevage de bovins, ovins, caprins, porcins et volailles complète cette activité.
Poste agricole, centre zootechnique et vétérinaire, marché à bétail et infrastructures de formation soutiennent ce tissu économique. Les marchés de Songkolong alimentent par ailleurs un commerce diversifié, des denrées alimentaires aux matériaux de construction, en passant par les vêtements, meubles, équipements électroniques et produits cosmétiques.
À la tête de Songkolong, Betchang Mbombo devra aussi composer avec un autre enjeu : la préservation de l’identité mambila. Le canton abrite un Centre de littérature mambila, consacré à la conservation et à la transmission du patrimoine linguistique et culturel.



