Un colloque national tenu le 23 septembre 2026 , à Yaoundé plaide pour l’application effective des peines alternatives, dix ans après leur inscription dans le Code pénal.
Rebara Habra

Dix ans après leur inscription dans le Code pénal camerounais, les peines alternatives à l’emprisonnement peinent toujours à sortir des textes. C’est autour de ce constat que s’est tenu, mercredi 23 septembre 2026 au palais des Congrès de Yaoundé, le Colloque national sur la mise en place effective des peines alternatives au Cameroun.
Organisée dans le cadre du Projet d’appui à une gouvernance carcérale basée sur les droits humains (Pagoc) porté par Avocats sans frontières France ( Asf France), le Réseau camerounais des organisations des droits de l’homme (Recodh) et le Research Institute for Development (RIDEV), la rencontre avait pour ambition de dépasser le débat théorique et de dégager des pistes concrètes pour l’application de ces mesures.
La problématique se pose dans un contexte de forte pression sur le système pénitentiaire. Selon les données présentées au cours du colloque, les 76 établissements pénitentiaires opérationnels sur les 91 existants accueillent une population largement supérieure à leurs capacités. « Nous, à l’Assemblée nationale, attendons un projet de loi sur les peines alternatives afin d’aller au-delà du cadre actuel du Code pénal. C’est une bonne initiative », a déclaré honorable Marguerite Dissaké.
En 2024, le nombre de détenus était estimé à 36 821, avec un taux moyen de surpopulation particulièrement élevé. La détention provisoire représente également une part importante de cette population, avec 20 709 prévenus contre 16 112 condamnés. « Avec les peines alternatives, désormais, lorsqu’une personne est condamnée à une peine de travail d’intérêt général, le juge peut décider qu’elle ira, par exemple, dans telle mairie pour peindre un bureau ou effectuer tout autre travail d’intérêt général », a indiqué Me Sandrine Dacga Djatche, représentante Asf France au Cameroun.
À cette pression s’ajoute le coût de la détention pour l’État. Le budget global de l’administration pénitentiaire est évalué à plus de 25,7 milliards Fcfa, dont environ 6,6 milliards consacrés à la prise en charge alimentaire et sanitaire des détenus.


