Le coordonnateur national du Projet d’appui à la gouvernance des finances publiques (Pagfip) s’exprime sur la formation organisée à l’intention des acteurs de la chaîne de lutte contre la corruption.
Rebara Habra

C’est quoi le Projet d’appui à la gouvernance des finances publiques ?
Le Projet d’appui à la gouvernance des finances publiques ( Pagfip) est une décision du chef de l’État, le président de la République. Son objectif global est de renforcer le cadre organisationnel et institutionnel de la gestion des finances publiques, à travers une mobilisation accrue des recettes fiscales et la promotion de l’efficacité de la dépense publique.
Dans quel cadre s’inscrit la double formation organisée avec la Commission nationale anti-corruption ?
Elle s’inscrit dans le deuxième volet du projet, consacré à la promotion de l’efficacité de la dépense publique. Plus précisément, cette rencontre relève de la sous-composante 2.2, consacrée au renforcement de la transparence et de la redevabilité. L’objectif est de renforcer le dispositif d’alerte contre les malversations économiques et les flux financiers illicites, notamment à travers le renforcement de l’intégrité du cadre de la dépense publique.
Pourquoi mettre l’accent sur le renforcement des capacités des acteurs de la lutte contre la corruption ?
Le projet accompagne les principales institutions intervenant dans la chaîne de lutte contre la corruption. Nous sommes aujourd’hui avec la Conac dans cette dynamique de renforcement des capacités des acteurs. Nous avons également travaillé avec le Contrôle supérieur de l’État (Consupe), notamment sur les fautes de gestion et les moyens de les prévenir. D’autres formations sont prévues, notamment à l’intention des maires et des responsables des collectivités territoriales décentralisées, sur l’éthique, les fautes de gestion et la bonne gouvernance dans le cadre de la décentralisation. Le transfert des ressources aux collectivités territoriales, tant attendu par les différents acteurs, passe aussi par le renforcement des capacités. Si les responsables au niveau décentralisé ne sont pas suffisamment outillés, nous pourrions être exposés à différentes formes de corruption.
Quel est le montant du financement consacré à ce projet et dans quel contexte intervient-il ?
Le projet bénéficie d’un concours financier du groupe de la Banque africaine de développement (Bad) d’un montant de plus de 10 milliards Fcfa. La convention a été conclue le 6 juin 2023 entre le ministre de l’Économie et les responsables de la Bad, à la suite des hautes instructions du chef de l’État. Le projet intervient dans un contexte marqué par des contraintes institutionnelles, techniques et financières qui affectent les performances économiques du pays. Ces contraintes se traduisent notamment par une mobilisation insuffisante des recettes fiscales au regard du potentiel existant et par des difficultés liées à la programmation et à la gestion de la dépense publique.
Qu’attendez-vous concrètement de cette session de formation ?
Nous attendons des échanges constructifs et fructueux et, surtout, un renforcement des capacités des participants. L’objectif est qu’ils puissent mieux identifier les nouvelles formes de criminalité liées à la corruption et contribuer plus efficacement à leur prévention et à leur détection. Cette formation constitue également une nouvelle étape dans l’accompagnement des institutions engagées dans l’amélioration de la transparence, de la redevabilité et de la gouvernance des finances publiques.



