Les 17 et 18 septembre derniers, la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac) s’est réunie à Yaoundé, pour la validation technique du 3e Plan de convergence, un instrument stratégique de référence qui permet à ses 11 États membres, les institutions régionales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les autres parties prenantes d’inscrire leurs interventions dans une vision commune pour les écosystèmes forestiers et l’environnement en Afrique centrale. Suite aux leçons tirées des précédents Plans des décennies 2005-2015 et 2015-2025, l’élaboration de la nouvelle boussole prend en compte les défis auxquels est confrontée l’ensemble de la sous-région, notamment la déforestation et la dégradation des écosystèmes, l’érosion de la biodiversité, les changements climatiques, la nécessité de renforcer la contribution des ressources forestières au développement économique, la mobilisation insuffisante des financements, ainsi que les enjeux liés à l’inclusion sociale, sécurité alimentaire, à la recherche, à l’innovation et à la transformation des économies de la sous- région. Le Secrétaire exécutif de la Comifac, revient sur la portée de ce document pour la gestion durable des forêts de la sous-région.
Lorine Claudia Agnang

Le 17 septembre à Yaoundé s’est ouvert un atelier de deux jours pour la validation du 3e Plan de convergence de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac). De quoi s’agit-il exactement et quelle est sa portée?
J’aimerais très rapidement rappeler que les 11 États d’Afrique centrale avaient adopté en 1999 la déclaration de Yaoundé qui leur a permis de ratifier en 2005 un traité relatif à la conservation et à la gestion durable des ressources forestières et environnementales dans le bassin du Congo. Dès lors, la mise en œuvre de ce traité a imposé un style de gouvernance pour la période 2005-2015 qui était la première version du plan de convergence de la Comifac. Cette première version sera révisée pour la période 2015-2025 tenant compte des thématiques émergentes liées au contexte socio-environnementaux et économiques. Les principaux amendements étaient focalisés sur le changement climatique et la stratégie de mobilisation des ressources en faveur de notre sous-région. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à la troisième version de ce plan pour la période 2026-2035, où d’énormes amendements y ont été apportés aussi bien dans l’approche méthodologique à travers une large consultation de tous les acteurs mais surtout de la restructuration de ce document tout en capitalisant les acquis et les enseignements des précédentes périodes.
Nous évoluons dans un monde où il y a des changements globaux qui interviennent, et nous subissons tous les jours les affres du changement climatique. Et c’est important que les pays puissent fédérer autour d’un document stratégique et programmatique pour planifier leurs activités avec les partenaires. A cet effet, tous les acteurs qui interviennent dans le cadre de la gestion de la gouvernance des ressources forestières et environnementales sont impliqués dans la révision de ce document. Et nous nous étions réunis ici il y a un mois déjà pour présenter la restitution des différentes consultations. Est-ce que tout ce qui a été proposé par les différents acteurs a été pris en compte dans ce document ? Une fois qu’on sera d’accord avec la version finale, on va soumettre à l’approbation de nos gouvernants, c’est-à-dire à tous les ministres des forêts et de l’environnement de l’Afrique centrale; et ça sera notre base de travail, de recherche de mobilisation financière avec les partenaires ensemble et pour le développement de nos communautés. C’est un moment très stratégique pour la sous-région pour avoir ce document qui permettra de pouvoir lire et comprendre l’exécution, les différentes programmations, les actions à mener en matière de l’environnement.
Quand a débuté le processus de révision de 3e Plan ?
Le processus de révision de ce plan de convergence a démarré depuis septembre 2025, soit un peu plus d’une année et à travers différents niveaux; ils ont été très constructifs, dans la révision de ce document qui a été littéralement transformé pour répondre aux défis et aux exigences auxquels notre sous-région fait face et c’est l’occasion pour moi de les remercier très chaleureusement pour les différentes contributions qui permettent de soumettre un document facile de compréhension et d’exécution ayant fait l’adhésion de tous les partenaires techniques et financiers, des Etats membres et des organisations de la société civile.
Au départ avec 10 axes stratégiques, le plan de convergence a connu des transformations en passant à 6 axes stratégiques et 3 axes transversaux, pour se retrouver dans la version actuelle à 4 axes stratégiques et 36 cibles et une innovation concernant son programme d’investissement. Avant la soumission de ce document programmatique aux Etats membres de la Comifac en vue de son adoption, le secrétariat exécutif les sollicite, une fois de plus après la restitution qui s’est tenue le 14 août dernier dans cette même salle pour qu’ils apprécient la vision par rapport aux engagements internationaux, notamment le Cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal, l’Accord de Paris sur le climat, les Objectifs de développement durable et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Que sera-t-il question de faire pendant ces deux jours de travaux?
Je crois que les deux jours nous permettront de recueillir tous les arrangements nécessaires et possibles en vue de la mise en œuvre simplifiée de ce nouveau plan de convergence. Deux jours semblent certainement insuffisants, mais avec une méthodologie efficiente, nous pourrons y arriver. Notre principale attente est une appropriation par toutes les parties prenantes. Aussi, serait-il impérieux d’adopter à l’avenir un autre traité révisé pour une meilleure adéquation des instruments de gouvernance de la Comifac, sachant que le projet de traité révisé avait été déjà présenté au 11e Conseil ordinaire des ministres tenu à Bujumbura au Burundi en 2023. Je voudrais féliciter mes proches collaborateurs qui se sont investis dans ce processus à travers des nuits blanches depuis une dizaine de jours pour préparer ce forum. Je vous encourage à tenir encore jusqu’à la production de la version finale, à soumettre au 12e Conseil ordinaire des ministres, qui se tiendra très prochainement ici à Yaoundé, au Cameroun, et peut-être dans cette même salle.



