Grève des enseignants : La rentrée tourne au surplace à Yaoundé I

Si la reprise des cours était prévue pour ce 14 septembre 2026, pour les niveaux 2, 3 et les master 1, le constat établi 24 heures après fait état de ce que plusieurs filières attendent toujours leurs enseignants.

Franck Epoma (Stagiaire)

Ce mardi 15 septembre 2026 au matin, le campus de l’Université de Yaoundé I n’a pas retrouvé son effervescence de rentrée. Devant plusieurs amphithéâtres, des étudiants patientent, téléphone à la main, ou se regroupent pour commenter la situation. D’autres, plongés dans leurs documents, prennent leur mal en patience. Devant l’amphi 502, Géraldine Youmbi, étudiante en sociologie, master 1, espère encore : « On est censé avoir cours ce matin ici à l’amphi et jusque-là, rien à signaler… Je pense qu’on va rentrer tout à l’heure. » Un peu plus loin, Junior Niembong, étudiant en physique, master 1, ne cache plus son agacement : « Hier on est venu, aujourd’hui encore on vient, et toujours rien. Je pense que ce sont toutes les filières qui sont concernées », dit-il, avant de nuancer : « mon camarade de biochimie m’a quand-même rapporté qu’un enseignant est tout de même venu lundi ».

Direction ce département, justement, où la porte du secrétariat reste close. Un enseignant présent sur place, sous couvert d’anonymat, confirme : « Le secrétariat est encore fermé. Il y a grève. Et tant qu’on ne résout pas la situation des enseignants, les choses ne vont pas reprendre d’aussitôt. »

Le mouvement inquiète aussi les étudiants en fin de cycle. Falonne, en licence 3 (mathématiques), rentrait déjà chez elle alors qu’il n’était que 10h passés : « Il n’y a pas cours depuis hier et ça me dérange beaucoup. Après, on va entendre seulement qu’il y a Cc [Contrôle continu, ndlr], pourtant on n’a rien fait », redoute-t-elle. Dans certains départements tels qu’au niveau des sciences de l’éducation, des tables d’orientation restaient dressées pour l’orientation des nouveaux étudiants.

Cette paralysie s’inscrit dans un mouvement de grève illimitée lancé le 3 septembre par le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes), et censé toucher toutes les universités d’Etat. Une réunion présidée le 11 septembre dernier par le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, s’est tenue en l’absence officielle du Synes. Son Secrétaire général adjoint (Sga), qui y a pris part, a été, d’après le communiqué du 13 septembre du syndicat, suspendu « avec effet immédiat, au poste de Sga ; la procédure d’exclusion étant pendante ». 

Précisons que le Synes revendique entre autres, le paiement intégral des sommes dues de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche, à tou(te)s les enseignant(e)s, sans exclusive ; l’apurement total de la dette académique.