Financement : L’Oapi s’engage pour les entreprises innovantes

Avec 5 milliards Fcfa placés en garantie auprès de l’African Guarantee Fund, l’institution veut provoquer un effet de levier de près de 40 milliards Fcfa de crédits bancaires au profit de type d’entreprise.

Jean De Dieu Bidias

Oapi. On pose pour l’innovation.

Pour une entreprise innovante, avoir une bonne idée ou même un brevet ne suffit pas toujours pour convaincre une banque. Entre l’invention et son passage à l’échelle, il reste souvent un obstacle majeur : le financement. C’est précisément cet obstacle que l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) tente de lever. L’institution basée à Yaoundé a présenté le 11 septembre 2026, en prélude à la célébration de la 27e Journée africaine de la technologie et de la propriété intellectuelle, un mécanisme destiné à faciliter l’accès au financement bancaire des entreprises innovantes de ses 17 États membres. Le dispositif repose sur une enveloppe initiale de 5 milliards Fcfa, placée il y a deux ans auprès de l’African Guarantee Fund (AGF). Grâce au mécanisme de garantie et à l’effet de levier attendu, cette mise pourrait permettre de couvrir jusqu’à près de 40 milliards Fcfa de financements accordés par les banques. L’ambition est de répondre à une difficulté bien connue des porteurs de projets innovants.

Les établissements de crédit restent généralement plus à l’aise avec les garanties classiques telles que des terrains, des immeubles, des équipements et d’autres actifs facilement évaluables et susceptibles d’être revendus. Les brevets, marques et autres actifs issus de la propriété intellectuelle entrent difficilement dans cette logique. L’Oapi entend donc créer un pont entre l’innovation et le système financier de sorte qu’avant d’arriver devant les banques, les projets soient préalablement passés par des incubateurs sélectionnés pour les besoins de la cause. Ces structures auront, notamment, la charge d’accompagner les entrepreneurs dans la maturation de leurs idées, le développement de prototypes, les études de marché et la construction de modèles économiques suffisamment solides pour accéder au crédit. La garantie apportée à travers le partenariat avec l’AGF doit, elle, permettre de réduire une partie du risque supporté par les banques. L’enjeu n’est donc pas seulement d’attribuer des subventions à quelques inventeurs, mais de mobiliser davantage de ressources privées autour d’entreprises susceptibles de créer de la valeur et, à terme, de générer leurs propres revenus. Cette nouvelle orientation vient compléter les mécanismes déjà utilisés par l’organisation.

Chaque année, l’Oapi mobilise environ 300 millions Fcfa pour soutenir directement des projets innovants dans ses États membres. Ces financements non remboursables permettent d’accompagner des initiatives à différents stades de leur développement. Des projets de transformation agroalimentaire, à l’image d’une initiative autour de la valorisation du baobab au Mali, ont notamment bénéficié de ce type d’appui.