Ils sont accusés notamment de manœuvres frauduleuses et de déstabilisation.
Ibin Hassan

La semaine dernière, le bureau exécutif de l’association des élus en France d’origine ou de nationalité Camerounaise (Efracam) a décidé de trainer en justice, sur la place parisienne, un certain nombre de ses membres et anciens membres qui se prévalent irrégulièrement de la qualité de « dirigeants » de cette plateforme associative qui des « personnes physiques, anciens ou actuels élus politiques, professionnels, syndicaux ou mutualistes » en France, originaires ou de nationalité camerounaise. L’information a été rendue publique par une correspondance de son président, Pierre De Gaétan Njikam, rendue publique le 08 septembre 2026, et adressée aux institutions et organisations « soutiens » et « partenaires » de cette association, ainsi qu’aux hommes et femmes des médias.
Dans celle-ci, l’adjoint au maire de Bordeaux en charge des coopérations européennes et internationales, et par ailleurs vice-président de Bordeaux Métropole en charge également des coopérations européennes et internationales, appelle les uns et les autres à la vigilance face aux « manœuvres frauduleuses » d’un « groupuscule de membres ou anciens membres (soit à peine 8 au total) dont le but est manifestement de déstabiliser le fonctionnement de [leur] association et de ternir son image, mais également de calomnier et de diffamer, sans fondement, ni preuves, certains de ses responsables ».
Les faits remontent aux mois de juin et juillet 2026, lorsque quelques membres et anciens membres ont convoqué une prétendue réunion du conseil d’administration de l’association le 12 juin, ainsi qu’une « assemblée générale extraordinaire » et une « assemblée générale ordinaire » le 04 juillet 2026, à l’effet d’élire un nouveau conseil d’administration ainsi qu’un nouveau bureau exécutif, avec à sa tête un certain Georges Kibong A Mira.
Or, il se trouve que toutes ces trois réunions sont totalement illégales et illégitimes, car convoquées par des personnes qui n’en ont pas qualité, si l’on s’en tient aux statuts et règlement intérieur de cette association, de même que si l’on prend en compte leur représentativité.
Bien plus encore, ces réunions ont été convoquées par des personnes ayant perdu la qualité de membre du fait, soit de n’avoir pas payer leur adhésion, soit de n’avoir pas renouvelé leur adhésion comme « membre actif », à l’instar de la trésorière Hermine Rigaud, ou encore de certains membres ayant pris part au vote, ou ayant été élus tels le prétendu « nouveau président » Georges Kibong A Mira et le vice-président Blaise Ndjinkeu.
En effet, ont été convoquées par deux membres parmi les six membres qui composent le bureau à savoir la secrétaire générale, Caroline Adomo, et la trésorière Hermine Rigaud. Deux membres minoritaires et en défiance totale avec le reste du Bureau, et ayant abandonné l’exercice de leurs responsabilités depuis plusieurs mois, et qui par conséquent n’ont pas la qualité ni pour convoquer des réunions statutaires, ni pour les présider comme elles l’ont fait.
Il faut dire que selon les articles 7.3 et 8.3 de leurs statuts, « L’Assemblée générale ordinaire est convoquée par le président. » ou encore par « une demande d’au moins trois quart (3/4) des membres du Conseil d’administration ou sur demande d’au moins quatre-cinquième (4/5) des membres actifs adressée au Président et au Bureau exécutif. Cette convocation peut se faire à tout moment et par tous moyens. ». Et l’article 9.4 de préciser que : « Le Conseil d’administration est convoqué par le président ou sur demande d’au moins quatre cinquième (4/5) de ses membres. Cette convocation peut se faire à tout moment et par tous moyens. ».
Tandis que le règlement intérieur en ses articles 9 et 10 dispose clairement que « L’Assemblée générale ordinaire se réunit au moins une fois par an. Elle est convoquée par le Président. (…) Tous les membres de l’association sont autorisés à participer. Toutefois, seuls les membres actifs à jour de leur cotisation sont autorisés à prendre part au vote. (…) L’Assemblée générale extraordinaire est convoquée par le Président ou par au moins trois quarts (3/4) des membres du Conseil d’administration ou sur demande d’au moins quatre-cinquième (4/5éme) des 2 membres actifs adressée au Président et au Bureau exécutif. Cette convocation peut se faire à tout moment et par tous moyens. ».
Faux et usage de faux
C’est la violation flagrante de toutes ces dispositions statutaires et réglementaires qui a conduit les autorités de la sous-préfecture de de l’Hay-les Roses, lieu du siège social de Efracam, à leur opposer une fin de non-recevoir à deux reprises dans leur tentative de régularisation à travers deux courriers datant du 15 et du 23 juillet 2023, dont nous avons eu copies. Dans celles-ci, il leur est clairement dit que les éléments suivants font défaut au dossier : L’article 20 alinéa 5 du règlement intérieur de l’association Efracam précise que «Toute démarche avec les administrations publiques ou les organismes privés et de manière générale avec les tiers au nom d’Efracam, ou toute représentation d’Efracam doit être préalablement et formellement autorisée par le président. Cette autorisation peut être formulée par tous moyens de communication. Le non-respect de cette formalité invalide automatiquement la démarche ou la représentation et entraîne la nullité … » et que « – L’attestation doit être au nom du président sortant étant donné que l’article 20 alinéa 5 de votre règlement intérieur explique que les modifications doivent être faites sous sa validation, Vous êtes invité(e) à renouveler votre télé-déclaration de modification. ».
Face à cette déconvenue, le trio Georges Kibong A Mira, Caroline Adomo, et la trésorière Hermine Rigaud, manifestement déterminé, va alors changer de stratégie, en décidant de modifier illégalement le siège de l’Association en le transférant à Paris. Pour cela, Georges Kibong A Mira se présentera physiquement au Bureau des associations de la Préfecture de Police de Paris, avec une « Attestation sur l’honneur » signée par lui-même, en échappant à la vigilance de l’administration de Paris qui n’avait pas été prévenue, comme celle de l’Hay-Les-Roses. Or, l’article 3 des statuts dispose clairement que « Le siège social est fixé à 164 Rue du Lieutenant Petit Leroy 94550 Chevilly Larue. ».
Informés de la forfaiture, du faux et usage de faux perpétrés notamment par Kibong A Mira Georges, Rigaud Hermine et Adomo Caroline, les services de la Préfecture de Police, embarrassés, ont adressés le 19 août dernier au président légitime et légal Pierre de Gaétan Njikam, une lettre dans laquelle ils lui font savoir que : « L’avant dernière modification des statuts a été enregistrée à la sous-préfecture de l’Hay-les Roses le 29 décembre 2025. S’agissant d’un régime strictement déclaratif, les contrôles effectués par les services chargés de l’enregistrement des déclarations des associations, visent uniquement à s’assurer du respect des obligations formelles et de la présence des pièces exigées.
Le contrat d’association étant un contrat de droit privé régi par le code civil, il vous appartient, si la situation le justifie, de saisir le juge judiciaire. ». Et justement, le bureau exécutif, conduit par Pierre De Gaétan Njikam a déposé une plainte devant le juge de référé de Paris, qui se prononcera dans les jours à venir.
Activisme suspect
Après leur tentative de « putsch », comme eux-mêmes le qualifient, en France comme au Cameroun, ce groupuscule a entrepris des démarches visant à induire erreur les autorités, les médias et l’opinion publique. Ainsi, par exemple au Cameroun, ils s’activent à organiser des points presse et à solliciter des audiences auprès des autorités administratives et politiques, avec la complicité d’un ancien représentant d’Efracam, le nommé Elie Ikouti, qui a pourtant été limogé depuis le mois de juillet 2026, pour motifs très graves.
Comme on peut le constater dans une correspondance à lui adressée le 08 juillet 2026 par Pierre De Gaétan Njikam, avec pour objet « Cessation de fonction de « Représentant Cameroun de l’Association Efracam », et dans laquelle l’on peut clairement lire : Votre mission, comme je vous l’avais expliqué lors de notre 1ère rencontre à Yaoundé, consistait exclusivement à effectuer les démarches administratives en vue de l’obtention de l’autorisation d’exercer au Cameroun pour l’association Efracam.
Par ailleurs, je vous ai constamment rappelé de ne prendre aucune initiative, ni engagé aucune dépense personnelle sans au préalable y avoir été autorisé, ce qui n’a pas été le cas vu les demandes de remboursement de frais financiers que vous nous avez présentés et qui auraient nécessité notre validation préalable.
De même, vu les remontées du terrain sur vos agissements et comportements, l’Assemblée générale de l’association m’avait mandaté de vous retirer toute confiance et collaboration, j’ai l’honneur de vous notifier la cessation de votre fonction de Représentant Cameroun de l’association Efracam et cette décision prend effet à compter de la date de signature de la présente correspondance.
Et l’Arrêté ministériel d’exercer d’Efracam au Cameroun étant libellé avec la mention de votre nom, nous communiquerons aux autorités le cessation de votre mandat de représentation et nous dégageons de toute responsabilité sur tout acte ou toute activité que vous seriez amené à poser se réclamant d’Efracam».
Au commencement

Créée en 2015, Efracam rassemble des élus politiques et des professionnels camerounais résidant en France. Cette association promeut le renforcement des coopérations entre le Cameroun et la France dans divers domaines tels que l’économie, la société et la culture. Grâce à ses initiatives variées, Efracam facilite les échanges commerciaux, soutient les projets sociaux et encourage les partenariats culturels entre les deux nations. Les trois objectifs principaux d’Efracam sont : encourager les échanges commerciaux entre le Cameroun et la France, soutenir les projets sociaux pour améliorer la qualité de vie des communautés et promouvoir les partenariats culturels pour un échange enrichissant.



