Georges Clément Meka : Apporter un meilleur équilibre entre les neuf arrondissements 

Vice-président du bureau de section Rdpc Océan sud-est Akom 2 et candidat déclaré aux prochaines législatives, il fait le diagnostic des maux qui freinent le développement et l’émergence de la localité d’Akom 2 et, partant, de tout le département de l’Océan. Pour ce patriarche qui place la cause humaine au centre de ses priorités, l’injustice est considérée comme une réalité insupportable qu’il faut combattre avec détermination. Il dit être porteur de plusieurs propositions de loi qui, selon lui, pourraient améliorer durablement la vie des Camerounais.

Lazare kingue

Vous êtes un Camerounais de la diaspora, actif au pays, mais aussi très attentif aux problèmes locaux. Qu’est-ce qui explique cette philosophie ?

Pour moi, la politique est avant tout un engagement fondé sur des convictions profondes et sur le sens du service. Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours considéré l’injustice comme une réalité insupportable qu’il faut combattre avec détermination. J’ai une expérience en sport qui m’a permis de parcourir le Cameroun, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. J’y ai découvert la richesse de notre diversité, mais également les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux compatriotes : les inégalités, la précarité et le sentiment d’abandon. C’est à cette période qu’est née en moi la conviction que chacun devait apporter sa contribution au développement de notre pays.

Mon parcours dans la diaspora n’avait donc qu’un objectif : acquérir des compétences et revenir les mettre au service du Cameroun. Je suis donc rentré dans mon pays avec la ferme volonté de participer à son développement. Voilà pourquoi, malgré mon parcours à l’étranger, le Cameroun est toujours demeuré au cœur de mon engagement.

 

Quel regard faites-vous de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 et en particulier les résultats à Kribi?

Pour moi, cette élection a été l’une des plus riches en enseignements politiques de ces dernières années. Elle a démontré que le peuple camerounais demeure profondément attaché à son droit d’exprimer ses attentes et qu’il est capable de faire entendre sa voix lorsque ses préoccupations ne trouvent pas de réponses satisfaisantes.

En ma qualité de président du comité de campagne du Rdpc dans mon village et de chef de secteur couvrant trois villages, j’ai eu l’opportunité d’être en contact direct avec les populations. Cette proximité m’a permis de mesurer l’état d’esprit des citoyens et de mieux comprendre leurs préoccupations.

Le premier enseignement que je retiens est le sentiment d’abandon exprimé par de nombreuses populations. Beaucoup estiment que l’attention qui leur est accordée se limite aux périodes électorales. Elles dénoncent un manque de proximité de certains responsables locaux et considèrent que leurs difficultés quotidiennes ne sont pas suffisamment prises en compte. Bien souvent, ces critiques remontent jusqu’au président de la République, dans la mesure où ces responsables sont investis par le parti. Le deuxième enseignement concerne l’évolution du paysage politique. Dans plusieurs localités, les figures politiques anciennes ont obtenu des résultats inférieurs aux attentes, malgré les moyens mobilisés. À l’inverse, de nouveaux acteurs politiques ont su gagner la confiance des populations grâce à leur proximité, à leur engagement sur le terrain et à leur capacité d’écoute. Les résultats enregistrés à Kribi 1er et, plus particulièrement, à Kribi 2e, montrent qu’il existe une différence entre la visibilité politique et la véritable adhésion populaire. En démocratie, la popularité d’un responsable politique se mesure d’abord dans les urnes. Le verdict des électeurs demeure la référence la plus objective. Je pense que ces résultats doivent conduire notre parti, le Rdpc, à une réflexion approfondie sur le renouvellement de sa classe politique. Les militants attendent des responsables choisis sur la base de leur engagement, de leur crédibilité, de leur expérience de terrain et de leur capacité à porter un véritable projet politique.

 Vous êtes le seul candidat originaire d’Akom 2 déclaré à la députation. Qu’est-ce qui vous inspire?

Je suis en politique pour servir, et non pour me servir. Je ne recherche ni les privilèges, ni une carrière politique. Mon ambition est de mettre mon expérience et mes convictions au service de nos populations. J’ai choisi la députation parce que je porte plusieurs propositions de loi qui, selon moi, pourraient améliorer durablement la vie des Camerounais. Mes dix engagements en faveur de l’Océan et de la nation traduisent cette volonté d’agir concrètement.

A quel clan appartenez-vous? Quand on sait que le Rdpc à kribi semble divisé… 

Je n’appartiens à aucun clan. Cette position trouve son origine dans les valeurs que j’ai reçues de mon père, Sa Majesté Jean Meka, qui a longtemps exercé les fonctions de chef traditionnel. Il m’a transmis le sens du service, de la responsabilité, du dialogue et de la réconciliation. Je suis convaincu que Kribi a davantage besoin d’unité que de divisions. Les querelles de personnes freinent le développement de notre département et détournent les énergies des véritables priorités. Je refuse donc de m’inscrire dans des logiques de clans. Mon combat est de rassembler les filles et les fils de l’Océan autour d’un objectif commun : le développement harmonieux de notre département. C’est dans cet esprit que mon premier engagement est de favoriser la réconciliation entre les communautés de l’Océan. Je propose également la création d’une Chambre des élites de l’Océan afin de renforcer la concertation, la solidarité et la préparation de la relève.

Étant député de la Nation,  quelles seront vos priorités pour améliorer les conditions de vie des Camerounais, notamment des habitants de Kribi ?

La priorité sera de défendre la proposition de loi que je porte sur le foyer conjugal et la famille. À mes yeux, cette réforme permettra de mieux structurer la cellule familiale, de renforcer sa stabilité et de mettre en place des mécanismes favorisant l’amélioration des conditions de vie des ménages.

Pour le département de l’Océan, je souhaite engager une dynamique de dialogue dès le début de mon mandat: des rencontres avec les chefs traditionnels et les leaders des communautés autochtones et allogènes, afin de renforcer la cohésion sociale et créer une véritable synergie au service du développement de notre département.

Je proposerai également la création d’une base de données des compétences de l’Océan afin de faciliter l’accès des jeunes aux opportunités d’emploi. Je plaiderai pour que les entreprises installées dans le département accordent une attention particulière à l’emploi local et participent, avec les élus, à la mise en place des centres de formations pratiques destinés aux jeunes et aux personnes en recherche d’emploi. Enfin, je veillerai au respect des cahiers des charges des entreprises opérant dans le département, afin que les populations locales bénéficient pleinement des retombées économiques des grands projets et que les intérêts de nos villages soient mieux pris en compte.

Dans un océan de querelles, pensez-vous qu’un apaisement durable soit possible ?

Bien que le ministre Jules Doret Ndongo, délégué permanent du comité central du Rdpc pour l’Océan ait récemment tenu un meeting d’apaisement, nous devons avoir le courage de reconnaître que, dans l’Océan, le chemin vers un véritable apaisement reste encore long. L’apaisement ne se décrète pas: il se construit dans la justice, l’équité, l’écoute et le respect des militants qui, depuis des années, portent le parti sur le terrain, souvent dans le silence et le sacrifice. Mais un apaisement durable est possible si les éléments suivants trouvent leur place : un meilleur équilibre entre les neuf arrondissements. Certains arrondissements, pourtant fidèles au Renouveau et auteurs de résultats remarquables lors de la dernière présidentielle, ont le sentiment d’être oubliés, à l’instar d’Akom 2 ; la prise en compte de la composante sociologique dans la répartition des postes électifs. Une tribu ne peut et ne doit pas se succéder à la tête d’un poste et revendiquer d’autres postes  électifs pendant que d’autres n’en ont pas ;  un seul arrondissement ne saurait cumuler plusieurs postes , là où d’autres n’en ont pas ; la question de la génération transitoire 45-55 ans, qui est l’avenir du parti. Elle est prête à apporter davantage au parti et à la Nation. Continuer à l’ignorer serait prendre le risque de décourager une génération qui a pourtant fait preuve de patience et de loyauté ; la question de la place de la base du parti, qui veut être actrice et non observatrice dans le choix de ses nouveaux leaders politiques. Sur ce point, il nous faudra aider le comité central à trouver la meilleure formule, pour éviter les risques de monétisation des électeurs de la base par certains candidats, comme ce fut le cas dans le passé.