Abdoul Fattaou Zra : Le futur Pelé du sifflet ?

Major national de la 2e promotion des écoles d’arbitres du Cameroun avec la mention Excellent, cet originaire de l’Extrême-Nord, qui porte le même patronyme que l’ancienne légende brésilienne, embrasse ainsi une vocation qu’il n’avait jamais envisagée.

Désiré Domo

« Le major et le vice-major intégreront l’équipe qui arbitrera la finale de la Coupe du Cameroun ». Cette déclaration du président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) Samuel Eto’o, lors de la cérémonie de sortie officielle de la 2e promotion des élèves-arbitres, le 2 septembre 2026, va constituer à coup sûr le point de bascule de la nouvelle carrière d’Abdoul Fattaou Zra, de son nom complet Abdoul Fattaou Zra Nkateu Pelé. À peine sorti de formation, le jeune arbitre sera jeté dans le bain dans les prochaines semaines, à l’occasion de la finale de la Coupe du Cameroun. Une nouvelle que le major national 2026 peine à réaliser. « C’est un rêve qui se réalise », déclare, tout souriant, le nouvel arbitre aux trois vies.

Titulaire d’un master en droit public interne obtenu à Maroua, Abdoul Fattaou Zra décide d’entrer de plain-pied dans l’arbitrage, lui qui jusque-là profitait de ses heures creuses pour jouer au football, sans avoir jamais pensé y faire carrière. « Au début, l’arbitrage ne m’intéressait pas, c’était la volonté de mon père. Mais lorsqu’il a fallu m’y mettre pour de bon, j’ai découvert ce que c’était. C’est devenu une passion pour moi », raconte le natif de Mogodé, 27 ans bientôt révolus.

Chemin faisant, l’équation s’avère difficile pour le juriste de formation. Il n’arrive plus à concilier son loisir favori et les études. Il est alors obligé de jeter son dévolu sur le sifflet, que l’actuel stagiaire à la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun, antenne régionale de l’Extrême-Nord, considère à la fois comme un divertissement et un métier. Comme un poisson dans l’eau, l’originaire du département du Diamaré commence à décoder sa nouvelle passion, au point d’en parler désormais avec une certaine aisance, alors même qu’il n’en est qu’à ses débuts.

Six mois, durée de la formation, auront suffi à Pelé pour marquer les esprits et terminer en tête des 313 candidats retenus par le département d’arbitrage de la Fecafoot à l’issue de l’examen national, avec la mention Excellent. « Ce que je retiens d’Abdoul pendant la formation, c’est le souvenir d’un gars très calme, respectueux, qui nous tirait tous vers le haut. Il était toujours prêt à aider et à réviser avec les autres. C’est logiquement le major de notre promo. Il s’est distingué par sa rigueur et son humilité. C’était un exemple pour toute la promotion. Son titre de major national n’est que le début d’une grande carrière dans l’arbitrage », témoigne Ibrahim Falama, vice-major de cette même promotion.

Désormais titulaire d’un diplôme d’arbitre, une nouvelle page s’ouvre pour celui que ses camarades de l’université ont surnommé « le rat », en raison de sa pointe de vitesse. Mais, tel que le leur a rappelé le président de la Commission centrale des arbitres, Stéphane Foko Kamga, Abdoul Fattaou Zra sait qu’il doit garder les pieds sur terre. Car c’est maintenant que le plus dur commence. « Il faut travailler, apprendre, s’entraîner, et surtout rester humble et digne », a conseillé Stéphane Foko Kamga.

Habité désormais par l’esprit de réussite, le nouvel homme en noir semble déjà avoir tracé sa voie. Abdoul Fattaou Zra ne cache pas ses idoles, censées influencer positivement sa carrière. « Il y a des arbitres qui m’inspirent particulièrement. À l’international, il y a Anthony Taylor (l’Anglais, ndlr) et Clément Turpin (le Français). Au Cameroun, tous les arbitres sont pour moi des exemples. Il y a par exemple M. Mefire Abdou Abdel. Quand on désigne un arbitre au Cameroun, je ne rate pas le match. Je regarde comment mon aîné se déplace, comment il applique les règles », avoue-t-il. Preuve qu’Abdoul s’est déjà tracé une trajectoire, celle qui va peut-être lui permettre de devenir le « Roi » Pelé du sifflet mondial.