Le Cameroun modernise sa législation afin de l’adapter aux enjeux d’une agriculture inclusive, résiliente et performante.
Guy-Roger Mvondo

Face aux mutations agricoles, aux défis climatiques et aux exigences du commerce international, le Cameroun a engagé la révision de sa loi semencière. À Ebolowa, les acteurs publics et privés travaillent à l’élaboration d’un cadre juridique plus adapté aux réalités économiques du secteur.
Le dispositif juridique semencier camerounais est donc appelé à faire peau neuve. 20 ans après l’adoption de la législation en vigueur, ses limites apparaissent de plus en plus évidentes face aux innovations technologiques, aux exigences environnementales et aux mutations du marché. C’est dans cette perspective que se tient, du 27 au 30 octobre 2026 à Ebolowa, un atelier multi-acteurs consacré à l’enrichissement de l’avant-projet de loi-cadre semencière, avec l’appui de la coopération allemande, à travers le projet Systèmes et politiques agricoles durables (AgSys), mis en œuvre par la Giz. L’enjeu dépasse la simple actualisation d’un texte. Il s’agit de faire de la réglementation semencière un véritable levier de productivité, de compétitivité et de sécurité alimentaire. La réforme ambitionne notamment de mieux encadrer les semences agricoles, animales, aquacoles et forestières, tout en intégrant les innovations technologiques et les effets du changement climatique.
Pour Sali Ballo, chargé de mission représentant le Premier ministre (Pm), « la qualité d’une loi dépend autant de sa pertinence juridique que du processus ayant conduit à son adoption ». Le chargé des questions agricoles, environnementales et forestières dans les services du Pm souligne par ailleurs la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle, notamment face aux enjeux liés aux Organismes génétiquement modifiés (Ogm) afin de garantir la qualité des produits et de faciliter leur accès aux marchés extérieurs, sans compromettre l’approvisionnement national.
Le travail des experts consiste à combler les vides juridiques et rapprocher le dispositif national du règlement communautaire de la Cemac de 2014. Avec l’accompagnement de la Giz, la concertation réunit chercheurs, opérateurs semenciers et responsables des administrations chargées de l’agriculture (Minader), de l’élevage (Minepia), des forêts (Minfof) et de l’environnement (Minepded), afin d’intégrer leurs préoccupations dans le futur dispositif. Selon Marthe Épassi, conseillère technique senior à la Giz, « la participation des professionnels de terrain est essentielle pour porter leurs propositions auprès du gouvernement ».
Après la mise à jour de cet arsenal juridique, le prochain défi sera de traduire ces ambitions en règles applicables, capables de soutenir durablement la production nationale et de renforcer la souveraineté alimentaire du Cameroun.



