Simon Ezo’o Mvondo : La mission sans retour 

Décédé le 14 juillet 2026, le général de brigade, ancien Commandant de la 1ère Région militaire interarmées, a été inhumé le 5 septembre dans son village natal, à Essam-Esse, Sangmélima.

Rebara Habra 

Mission accomplie

Ambiance inhabituelle à Essam-Esse, village situé dans l’arrondissement de Sangmélima, département du Dja-et-Lobo. D’ordinaire rythmé par le calme de la forêt qui l’entoure, le village présente un autre visage ce samedi 5 septembre 2026. Aux abords de la route bitumée qui mène à la concession familiale du défunt général, les véhicules se succèdent. L’arrivée des premières délégations remplit peu à peu la cour familiale. Parents, amis, proches, compagnons d’armes et habitants des villages voisins convergent vers le lieu des obsèques.

Sous les tentes dressées pour la circonstance, les conversations se mêlent aux chants funèbres et aux prières. Ici et là, des groupes se forment. Certains échangent à voix basse. D’autres restent assis, le regard perdu ou tourné vers le lieu de la cérémonie. Au cœur de cette végétation, une foule nombreuse s’est réunie pour accompagner le général de brigade Simon Ezo’o Mvondo à sa dernière demeure.

Il est 11 h. L’arrivée des autorités administratives, religieuses et traditionnelles, ainsi que des délégations militaires, accentue encore l’animation. Une sirène retentit. Elle annonce l’arrivée du ministre délégué à la présidence chargé de la Défense (Mindef). La cérémonie funèbre peut commencer. Les regards se tournent vers le cortège à bord duquel se trouve le Mindef, Joseph Beti Assomo. Quelques proches éclatent en sanglots. Plus rien. La mission s’arrête là pour le général de grigade Simon Ezo’o Mvondo.

La cérémonie démarre par une procession militaire qui escorte la dépouille de l’ancien commandant de la 1ère Région militaire interarmées. Un portrait de l’officier général ouvre le cortège, suivi d’un bouquet de fleurs, de son chapeau de général, puis du cercueil. La dépouille est ensuite installée sur une table placée au centre de l’espace réservé à la cérémonie.

Après cette étape, la parole est donnée aux ministres du culte pour l’office d’inhumation. À l’issue de la séquence religieuse, la cérémonie reprend son caractère militaire. Le général de brigade Nka Valère, Commandant des Écoles et Centres d’Instruction Interarmées (Comeccia), prend la parole. Il retrace le parcours académique et professionnel de l’ancien ComRmia1, avant de céder le pupitre au préfet du Dja-et-Lobo. Ce dernier délivre le message de condoléances du chef de l’État, chef des forces armées, à la famille éplorée.

Issu de la promotion « Rudolf Douala Manga Bell » de l’Emia, dont il sort diplômé en 1986, le Général de Brigade Ezo’o Mvondo Simon aura consacré plus de quatre décennies aux Forces de défense camerounaises. Officier de cavalerie, il occupe plusieurs postes de commandement et de responsabilité opérationnelle, notamment à la tête de l’Escadron blindé de reconnaissance et d’appui (Ebra), du Secteur militaire terrestre n°2 et de la 11e Brigade d’infanterie motorisée. Promu Général de Brigade en 2015, il est nommé, deux ans plus tard, Commandant de la 1ère Région militaire interarmées, poste qu’il conserve jusqu’à son décès.

Au cours de sa carrière, il prend part à plusieurs missions, dont l’Opération Delta à Bakassi, la sécurisation des frontières orientales et la préparation des contingents camerounais engagés au sein de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca). Humanitaire et engagé dans sa localité, il a également contribué à son développement à travers la construction d’écoles, le soutien à l’éducation et l’accès à l’eau potable, entre autres.