Lionnes indomptables : Le sacre qui réveille de vieilles querelles 

L’affaire Samuel Eto’o et Mathias Eric Owona Nguini a refait surface et oppose désormais deux camps. 

Lorine Claudia Agnang

 Ils tiennent en haleine la toile

Le sacre des Lionnes Indomptables à Rabat, au Maroc, n’a pas seulement réjoui les supporters : il a également rallumé de vives tensions sur la toile. Au soir même de la victoire camerounaise face au Malawi, des internautes ont rapidement exhumé une vidéo de l’universitaire et politologue Mathias Éric Owona Nguini. Lors d’un passage sur le plateau de l’émission Libre Expression sur Info TV, ce dernier affirmait au  sujet de la non-qualification de l’équipe nationale de football féminine à la Coupe d’Afrique des nations (Can) prévue au Maroc : « Tant que Samuel Eto’o est à la tête de la Fecafoot, que les Camerounais écoutent bien, il n’y aura aucun résultat. » « Vous n’êtes pas divin », lui rétorquait alors Parfait Ayissi, le modérateur. « Je ne suis pas divin, c’est mon avis. Il n’y aura aucun résultat. Il faut faire éclater la bulle de l’illusion. Tant que Samuel Eto’o est à la tête de la Fecafoot, il n’y aura aucun résultat », insistait l’enseignant.

Une prédiction qui lui est aujourd’hui renvoyée en pleine figure alors que la sélection féminine,  repêchée à  cette Can, vient d’offrir au pays son premier trophée continental sous l’ère Eto’o.« Owona Nguini va faire comment maintenant ? Quelqu’un pour lui dire que Samuel Eto’o vient de gagner son premier trophée en tant que président de la Fecafoot », a raillé un internaute; d’autres sont allés plus loin en représentant le politologue, avec des cornes sur la tête, parmi d’autres caricatures et montages viraux ciblant ce dernier.

La réplique de Samuel Eto’o 

Au lendemain du retour triomphal des championnes d’Afrique au Cameroun, le président de la Fecafoot a publié un long message sur sa page Facebook. Sans le nommer directement, il  s’est insurgé contre « ceux qui veulent nous imposer leur médiocrité. Ceux dont la fortune reste intraçable. Ceux qui voudraient nous faire croire que, dans ce beau pays, nous devrions tous être des voleurs. Ceux qui veulent faire croire que réussir, au vu et au su de tous, serait devenu un crime. »

Poursuivant sa mise au point, Samuel Eto’o a déclaré qu’un  «  certain « intellectuel » se donne beaucoup de mal, ces derniers temps, pour exposer aux yeux de tous les limites de sa pensée. Il souhaiterait, paraît-il, débattre avec moi. Cela n’arrivera pas. Tout simplement parce que, dans l’ordre des choses, nous ne sommes pas au même niveau de responsabilité ni dans le même registre. Je lui laisse donc les débats qu’il recherche et je continue à consacrer mon énergie à ce qui compte réellement : construire, servir et transmettre. »

La publication a rapidement enflammé la toile, accumulant plus de 198 000 mentions « J’aime », 20 000 commentaires et 5 300 partages en peu de temps. « Masterclass !», écrit la quasi-totalité de ses 14 millions de followers:« Le discours d’un vrai leader. Pas besoin d’être bac+5000 pour parler à son peuple ni impacter les consciences. Vous continuez d’écrire l’histoire et la jeunesse s’inspirera toujours de votre parcours. Le Cameroun a besoin des hommes d’action et non des récitations pour impressionner. Notre légende, la fierté du vrai peuple » ; « L’histoire ne s’écrit ni dans la jalousie, ni dans les bruits, mais plutôt dans les actes et les résultats. Que dire de plus Président tu es très sage » ; « L’histoire, il y a ceux qui la font, et ceux qui la racontent. Le 9 de Dieu, fait l’histoire et laisse les autres raconter » ; « M. le président, le chien aboie la caravane passe. On peut faire des erreurs, se tromper mais on a l’obligation de se relever et de continuer d’avancer. Beaucoup de courage M. le président, c’est le Cameroun qui gagne. »

L’affaire ne s’arrête pas là. Un autre camp se lève et s’indigne du fait que le politologue soit traité d’un « certain intellectuel ». La polémique va finalement pousser Mathias Eric Owona Nguini à prendre la parole. 

Réaction

Mathias Eric Owona Nguini, politologue

Le semi-illettré dit que je voudrais débattre avec lui ? Ça montre sa légèreté mentale !!! Il n’a même pas les bases minimales d’un débatteur : la maîtrise élémentaire de l’argumentation et de l’expression !!! C’est comme si je demandais de le prendre en marquage individuel. De la folie !!! 

Ailleurs

Sonia Bellina

C’est sur les réseaux sociaux que l’alerte avait été donnée par une famille désemparée. Après la disparition inquiétante de l’influenceuse Sonia Bellina dans la nuit du 10 au 11 août dernier, ses proches s’étaient mobilisés en ligne pour diffuser son portrait et lancer un appel à témoins. Leurs pires craintes se sont malheureusement confirmées le mercredi 19 août.

Le test d’Adn a tranché : le corps dénudé et partiellement calciné, découvert le 12 août au milieu des vignes de Saint-Gilles en France, est bien celui de la jeune créatrice de contenu de 29 ans. La procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac, l’a officiellement confirmé : « Le retour de l’expertise Adn permet de confirmer que l’identité de la personne découverte décédée et partiellement calcinée est bien celui de l’influenceuse de réseaux sociaux âgée de 29 ans, domiciliée à Nîmes », a précisé le parquet.

Sur le front judiciaire, l’affaire connaît de nouveaux développements. Deux hommes ont été interpellés et placés en garde à vue. Selon les autorités, leur arrestation fait suite à des « éléments laissant suspecter leur participation aux faits, directe ou indirecte ». L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes du drame.