La compagnie britannique signe avec la Snh son premier contrat pour explorer le bloc offshore situé dans le bassin du Rio Del Rey.
Jean De Dieu Bidias
Le Cameroun relance l’exploration.
La Société nationale des hydrocarbures (Snh) poursuit sa stratégie de relance de l’exploration pétrolière au Cameroun. Après l’avoir sélectionnée en mars dernier dans le cadre de la campagne de promotion de neuf blocs, lancée en 2025, elle a signé ce vendredi 14 août avec Octavia Energy, un contrat de partage de production (Cpp) sur le bloc offshore Bolongo, situé dans le bassin du Rio Del Rey. Cet accord prévoit un investissement minimum de 41 millions de dollars, soit environ 24,6 milliards Fcfa par l’entreprise britannique, sur une période pouvant aller jusqu’à sept ans. Pour cette première implantation au Cameroun, Octavia Energy Cameroon Sarl devra conduire un programme d’exploration destiné à mieux évaluer le potentiel pétrolier du bloc. Le programme sera déployé en trois séquences. Pendant les trois premières années, l’opérateur devra retraiter les données sismiques existantes et réaliser des études géologiques et géophysiques. Deux périodes optionnelles de deux ans chacune pourront ensuite être engagées, consacrées notamment au forage d’un puits d’exploration par phase.
L’enjeu pour le Cameroun est de stimuler de nouveaux investissements dans un secteur confronté, ces dernières années, au vieillissement de certains champs et au recul de la production. Le choix de Bolongo intervient également alors que les recettes pétrolières de l’État connaissent une baisse importante. Au premier trimestre 2026, elles se sont établies à 106,6 milliards Fcfa, en diminution de 34,6% sur un an, selon le ministère des Finances. Si le gouvernement table néanmoins sur 661,1 milliards Fcfa de recettes pétrolières en 2026, cette perspective devrait être difficile à maintenir à moyen terme. Pour 2027, les projections officielles anticipent déjà une baisse de 35,6%, à 425,8 milliards Fcfa, sous l’effet, notamment, du recul attendu de la redevance pétrolière et gazière et de l’impôt sur les sociétés du secteur.
L’arrivée d’Octavia Energy constitue ainsi un signal dans un marché où les investissements dans l’amont ont fortement ralenti. En 2023, les dépenses d’exploration-production avaient reculé de 29,4%, à 169,5 milliards Fcfa. Cette contraction avait été portée principalement par la baisse des investissements dans les associations Sanaga et Iroko. La Snh cherche aujourd’hui à inverser cette tendance en attirant de nouveaux opérateurs. Octavia Energy, dirigée par Ahmed Nabil Hayel Saeed et active au Yémen, revendique une production nette de 11 500 barils par jour sur ses actifs. Son entrée au Cameroun élargit le cercle des compagnies engagées dans l’exploration, jusqu’ici dominé par Perenco et Sinopec, à travers Addax Petroleum.
Le Cameroun dont l’objectif est de transformer une nouvelle vague d’attributions en découvertes commerciales susceptibles de soutenir durablement la production et les recettes publiques, devrait poursuivre dans les prochains mois le mouvement avec la signature d’un autre gros contrat de partage de production avec l’américain Murphy West Africa Ltd, attributaire de quatre blocs : Etinde Exploration, Tilapia, Elombo et Ntem.



