Le mutant
N’en déplaise aux pères fondateurs. Il est grand temps de rebaptiser Yaoundé : « la Ville des sept montagnes d’immondices ». Car, en vrai, ses « sept collines », c’est du pur mythe. Il y en a plutôt mille. Autant que les montagnes de déchets qui fleurissent à chaque coin de rue. Panorama grandiose. Amis touristes, armez vos flashs ! Tchernobyl-sur-Mfoundi au quotidien : un divin hommage au désastre soviétique de 1986. La radioactivité en moins. M’enfin… À chaque carrefour, dans chaque artère, ça fermente, macère, embaume, déborde. Rehaussé par la poussière infusée au crachin des mois de juillet-août, le tout fait respirer les Yaoundéens ! Face au péril, la Courtès, notre ministre du cosmétique urbain, avait sorti les grands mots : « États généraux des ordures » ! Un conclave pour poubelles. Ma foi ! Huit mois plus loin ? Yaoundé entier est une vraie fragrance locale partagée à chaque coin de rue. Et gratis, pro deo, svp ! Plus dingo. L’ordure ne squatte pas : elle règne. Loquace doigt d’honneur à tout « état général ». Vider Yaoundé ? Peine de Sisyphe. Les poubelles sont là, indéboulonnables. Comme Paul à Etoudi.
Bons tuyaux



