L’initiative portée par la présidente nationale de l’Union démocratique du Cameroun en vue de mutualiser les forces politiques de l’opposition camerounaise autour des prochaines consultations électorales a été présentée le 5 novembre 2026, à Douala.
Michel Ferdinand
Malgré l’échec des précédentes initiatives visant à mettre ensemble les forces politiques de l’opposition au Cameroun, la présidente nationale de l’Union démocratique du Cameroun (Udc), Hermine Patricia Tomaino Ndam Njoya, n’a pas baissé les bras. Au contraire, celle qui est par ailleurs maire de la commune de Foumban, région de l’Ouest, a travaillé avec certains de ses pairs de l’opposition, pour proposer une nouvelle offre en la matière. Il s’agit du « Contrat républicain » qui a été présenté le 05 novembre 2026 à Douala.
Une offre différente des autres alliances qu’on a connues par le passé : coordination nationale de l’opposition (1991), union pour le changement (1992), coalition pour la réconciliation nationale (2004), G7 qui a conduit au pacte républicain (2011) et la dynamique de la candidature consensuelle autour de la présidentielle d’octobre 2025. Le temps a passé. Le temps où les uns et les autres sont allés à des dynamiques presque sans règles établies d’avance. « Le contrat républicain entend changer de formule et de méthode. Il fixe, avant les élections, des règles écrites et acceptées par tous : les droits et devoirs de chaque membre, les critères de sélection des candidats, les conditions d’investiture et les sanctions applicables en cas de manquement dûment constaté », apprend-on.
Le contrat républicain ne naît pas uniquement dans la perspective des législatives et municipales. « Il s’applique aux élections municipales, régionales, législatives, et sénatoriales comme à l’élection présidentielle ». À l’occasion, autour de la présidente nationale de l’Udc, on enregistre la présence d’autres acteurs politiques : Hilaire Zipang (Rpr), Habiba Issa (Upc), Chantal Kambiwa Front camerounais), Prince Ekosso (Usdp).
Il y a également le président national de l’Upa, Mme Essono, qui conduit une plateforme de 12 formations politiques, etc. « Le Cameroun traverse une période décisive de son histoire. Après plusieurs décennies de pouvoir concentré, d’élections confisquées, de richesses mal distribuées, d’institutions affaiblies, de libertés rongées, qui ont profondément meurtri notre nation, le peuple a plus que jamais soif de changement », insiste Mme Tomaino Ndam Njoya. L’assistance applaudit à tout rompre, avec en prime tous les députés et maires du département du Noun, élus sous la bannière de l’Udc. « Les Camerounais aspirent à la justice, à la transparence, à la démocratie réelle, à un État qui les sert et non le contraire. Face à la misère qui est devenue endémique, le peuple nourrit le rêve d’un avenir meilleur. Les forces du changement existent et sont même nombreuses, talentueuses, enracinées, déterminées aussi bien dans la classe politique qu’au sein de la société civile, des médias, de la diaspora », poursuit-elle.
Dans son intervention, Hilaire Zipang se félicite de l’initiative venue d’une dame connue sur l’échiquier politique national pour son expérience. Il loue les valeurs qu’elle défend au quotidien, l’éthique en politique, par exemple. Les sorties de Chantal Kambiwa, Habiba Issa et Mme Essono en rajoutent à l’engagement des acteurs à en découdre avec le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir, lors des prochaines législatives où les acteurs du contrat républicain s’engagent à avoir la majorité des sièges à l’Assemblée nationale et à obtenir le poste de Premier ministre (Pm) en vue de changer les conditions de vie des citoyens.


