L’entreprise sinistrée parle d’un incendie d’origine externe aux causes à déterminer, le gouverneur de la région du Littoral annonce l’ouverture d’une enquête, tandis qu’un collectif d’avocats se constitue pour défendre les intérêts de plusieurs victimes.
Blaise Djouokep

L’incendie qui s’est déclaré très tôt dans la matinée d’hier, 02 novembre 2026, a réduit presqu’en cendres une partie des installations de Metafrique Steel S.A, une entreprise métallurgique située dans la zone industrielle de Bassa, arrondissement de Douala 3e. Les flammes d’une rare violence ont causé la mort de quatre travailleurs, selon nos recoupements, au moment où nous allions sous presse. Le bilan disponible fait également état de 16 autres employés grièvement blessés.
Les victimes blessées ont été évacuées vers l’Hôpital général de Douala pour une prise en charge en urgence. Une source médicale indique d’ailleurs que leur pronostic vital serait engagé. Les flammes ont pu être maîtrisées grâce à l’intervention des éléments du corps national des sapeurs-pompiers. Les causes de ces flammes vives, ne sont pas encore connues. Mais, selon les premiers éléments recueillis auprès des autorités, une explosion aurait précédé le sinistre.
Dans le même sillage, un communiqué de presse rendu public hier par Metafrique Steel S.A renseigne sur un « incendie d’origine externe et dont les causes restent déterminer, [qui] a malheureusement causé des dégâts humains et matériels. Les victimes sont actuellement prises en charge à l’Hôpital général de Douala ». Par ailleurs, Metafrique Steel S.A, dans sa communication, précise que « la société tient à remercier les autorités administratives de la ville pour leur intervention spontanée et rassure les familles des victimes que tout sera mis en œuvre pour les accompagner dans ces moments délicats ».
Plus tôt, descendu sur les lieux du sinistre, le gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, a annoncé l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les causes exactes de cet incendie. Le patron de la région estime que ce drame aurait pu être évité, en déplorant le non-respect des mesures de sécurité prescrites à l’entreprise après le précédent incendie d’avril 2026, qui a fait neuf morts et de nombreux blessés. Tout comme l’autorité administrative projette également qu’un arrêt des activités de l’entreprise devrait être envisagé.
Réparation
Il faut rappeler que c’est le deuxième incendie enregistré dans les locaux de cette entreprise métallurgique en l’espace de six mois. Une succession de drames qui suscite le courroux du Collectif d’avocats Voukeng-Tougoua-Kitio, constitué pour la défense des intérêts de plusieurs victimes de l’incendie survenu 02 novembre à Metafrique Steel S.A. Lequel incendie exige que « les responsabilités soient établies et pleinement assumées ». D’après ces avocats, « la société Metafrique et ses dirigeants ne sauraient se retrancher derrière le caractère prétendument accidentel de cet événement pour éluder les obligations qui leur incombent en matière de sécurité, de prévention des risques et de protection des personnes et des biens. Un incendie peut être accidentel, les éventuelles négligences qui l’ont rendu possible, ou qui en ont aggravé les conséquences, ne sauraient rester sans réponse, s’agissant d’une récidive incompréhensible malgré l’arsenal juridique sur la sécurité en droit du travail en République du Cameroun », s’insurge ce collectif d’avocats.
Le même Collectif exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances du sinistre, que les responsabilités soient rigoureusement déterminées et que les victimes obtiennent la réparation intégrale de leurs préjudices. Il entend, à cette fin, engager et poursuivre toutes les actions judiciaires appropriées, tant sur le plan civil que pénal, contre toute personne physique ou morale dont la responsabilité est engagée tant au regard du Code civil que des textes particuliers sur la sécurité au travail et l’usage professionnel des engins à pression.


