Face à la montée en puissance des attaques contre ce secteur d’activité, l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication a réuni du 28 au 30 octobre 2026 à Mbankomo, les acteurs du secteur.
Lorine Claudia Agnang

Le secteur de la Fintech a connu des avancées considérables ces dernières années. Selon le rapport 2024 Finance in Africa de la Banque européenne d’investissement, le nombre d’entreprises Fintech actives en Afrique est passé de 450 en 2020 à 1 263 en 2024. Au Cameroun, « selon une étude réalisée en 2024, les services de paiement numérique ont généré plus de 1 022 milliards Fcfa, représentant 3,16 % du Produit intérieur brut national, dans un environnement comptant plus de 31,5 millions d’abonnements mobiles actifs ». C’est l’état des lieux dressé par Ebot Ebot Enaw, directeur général de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic).
Malgré ces performances, le secteur fait face à la menace de la cybercriminalité. C’est pourquoi, au cours de la 8ᵉ édition du forum Digitize Cameroon, organisée sous le thème « Sécurité, régulation et partenariats stratégiques pour une économie numérique », il a été question de rassembler les acteurs de la Fintech pour échanger sur ces questions. À travers des présentations axées sur la finance numérique, la cybersécurité et la lutte contre la fraude, les participants ont été informés des enjeux du cyberespace. L’objectif est de « bâtir un écosystème de Fintech résilient, sécurisé, à travers une approche inclusive et participative fondée sur le partage des connaissances et des expériences, afin de faire de ce secteur un levier de croissance économique, de création d’emplois et de compétitivité », a indiqué le Dg de l’Antic.
La Fintech, en effet, évolue dans un réseau hautement interconnecté. Par conséquent, « les défaillances de sécurité chez un acteur de l’écosystème Fintech peuvent avoir des conséquences sur l’ensemble du réseau auquel cet acteur est connecté, et ainsi créer des problèmes au niveau des transactions financières », a expliqué Ebot Ebot Enaw.
Pour répondre à ce risque, la ministre des Postes et Télécommunications a signé, le 4 avril 2025, une décision fixant les modalités d’accès des plateformes numériques ouvertes au public à la plateforme d’agrégation des communications électroniques. L’une des conditions imposées est l’audit de sécurité mené par l’Antic. « C’est-à-dire que chacune de ces plateformes doit obtenir un certificat de conformité aux normes internationales en matière de cybersécurité », a-t-il précisé. Sur les 108 missions d’audit de sécurité réalisées à ce jour, l’Antic a détecté 3 914 vulnérabilités susceptibles d’être exploitées par des cybercriminels.


