Face à la recrudescence des féminicides et des infanticides, la Gendarmerie nationale renforce les capacités de ses personnels en matière de prévention, d’écoute et de prise en charge des victimes.
Rebara Habra

L’accueil d’une victime de violences ne s’improvise pas. Les premiers mots, l’écoute et l’attitude de celui qui reçoit sa plainte peuvent peser sur la suite de sa prise en charge. C’est autour de cet enjeu que des stagiaires du Certificat d’aptitude technique de deuxième degré (Cat2) de la Gendarmerie nationale ont été sensibilisés les 28 et 29 octobre derniers, au Commandement des écoles et centres d’instruction de la Gendarmerie nationale (Cecig).
Pendant deux jours, les salles de cours de cette structure ont servi de cadre à un séminaire consacré aux violences basées sur le genre (Vbg). Une initiative qui intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des féminicides et des infanticides. Au-delà de la connaissance des différentes formes de violences, il s’agissait de préparer les futurs personnels à mieux reconnaître ces situations et à apporter des réponses adaptées aux personnes qui en sont victimes.
Les enseignements ont notamment porté sur les manifestations des Vbg, le rôle du gendarme dans leur prévention et leur traitement, ainsi que les mécanismes de référencement des victimes vers les structures compétentes. Une approche qui vise à éviter que les personnes concernées ne soient confrontées à une nouvelle épreuve au moment de solliciter de l’aide.
Prise en charge
La particularité de cette session a été marquée par la participation du Réseau international des femmes avocates (Rifav). Cette organisation a animé deux modules consacrés à la victimisation, à l’écoute et à l’accueil des victimes. L’accent a ainsi été mis sur la manière de recevoir la parole des personnes violentées, de comprendre leur situation et de les orienter vers les dispositifs appropriés.
Cette collaboration entre les professionnels du droit et les forces de gendarmerie entend renforcer la qualité de l’accompagnement sur le terrain. Car, dans les affaires de violences basées sur le genre, la réponse ne se limite pas à l’interpellation d’un suspect ou à l’établissement d’une procédure. Elle suppose également une attention particulière portée à la victime, à sa parole et à sa protection. À travers cette initiative, la Gendarmerie nationale envisage, à terme, d’intégrer cette thématique dans les programmes des différents stages de formation.
Selon les chiffres du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff), 1 599 cas de Vbg ont été recensés entre janvier et avril 2026, dont 166 viols, 50 féminicides et 13 infanticides. Ces chiffres donnent une idée de l’ampleur du phénomène, sans couvrir nécessairement tous les cas survenus dans le pays.


