Série « L’Orphelin » : Un musée pour sauver les archives

Porté par Sylvestre Longang, alias Mbita, et d’anciens acteurs, le projet vise à retrouver les 52 épisodes, collecter les archives et rendre hommage aux pionniers de l’audiovisuel camerounais.

Michel Enony

À la recherche des archives perdues !
La série camerounaise « L’Orphelin », diffusée en 1989-1990, pourrait bientôt faire l’objet d’un musée consacré à son histoire et à ses artisans. Le projet, porté par Sylvestre Longang (Mbita dans la série) et d’anciens acteurs de la production, vise à « préserver les archives audiovisuelles, à collecter des objets liés au tournage et à rendre hommage aux pionniers du cinéma camerounais ». Près de 40 ans après sa diffusion, l’œuvre continue de susciter des émotions auprès du public, d’après l’initiateur du projet, en conférence de presse, le 27 octobre 2026. Pour le réalisateur, le pasteur Ndamba Eboa, « L’Orphelin » dépassait le cadre d’une simple série télévisée. « Elle constituait un miroir social, un facteur de rassemblement des téléspectateurs devant les écrans de la CRTV et un point de départ pour l’industrie cinématographique nationale. »

Le projet entend ainsi sauvegarder la mémoire de cette production avant la disparition de ses archives. Des coupures de journaux datant de 1989 ont déjà été retrouvées. D’autres documents, photographies, costumes et objets de tournage restent à collecter auprès des anciens acteurs, des techniciens et du public. L’initiative prévoit une collaboration avec des institutions culturelles, notamment le Musée national, où une exposition visuelle pourrait être présentée après la collecte et la mise en valeur des pièces. L’objectif annoncé est de rendre cette exposition accessible au public d’ici octobre 2027.

Les initiateurs souhaitent rendre hommage au réalisateur Pasteur Ndamba Eboa, à l’origine de la série, ainsi qu’au metteur en scène Joseph Konateba, chargé notamment du choix et de la direction des acteurs. Le projet mettra aussi en lumière les professionnels intervenus derrière la caméra, dont la contribution a participé à la réalisation de l’œuvre.

Au-delà de la préservation patrimoniale, le projet comporte un volet social et caritatif. Il s’agit de mobiliser la solidarité des Camerounais, notamment celle de la diaspora et des anciens téléspectateurs, en faveur des personnes ayant contribué à la série et qui vivent aujourd’hui dans des conditions précaires.

Pour le porteur du projet, cette démarche répond à « un devoir de mémoire envers une œuvre qui a marqué plusieurs générations, mais aussi envers les pionniers qui ont contribué au développement de l’audiovisuel au Cameroun. Elle doit permettre aux jeunes de moins de 40 ans de découvrir cette production et les professionnels qui ont participé à son histoire », a-t-il indiqué.

Pour l’heure, l’équipe cherche à retrouver les 52 épisodes de la série culte, qui a marqué plusieurs générations de Camerounais.