Éducation financière : Des commerçantes à l’école de la gestion

La première phase de la caravane nationale d’alphabétisation financière des femmes des marchés s’est ouverte le 27 octobre 2026, au marché d’Ekounou à Yaoundé.

Marielle Ongono

Les Amazones de l’Alffif sur le terrain.

 

Au marché d’Ekounou, dans le 4e arrondissement de Yaoundé, les membres de l’Académie du leadership féminin en finances publiques (Alffip) ont lancé une caravane d’éducation financière destinée aux femmes commerçantes. Cette première étape a été marquée par des séances de sensibilisation, la distribution d’un guide pratique de gestion et des échanges directs avec les commerçantes. Du 27 octobre au 19 décembre 2026, la caravane prévoit un accompagnement autour de trois axes principaux : l’immatriculation fiscale, la tenue d’une comptabilité simplifiée et l’identification des opportunités de financement. L’objectif est de renforcer leurs capacités de gestion et de favoriser leur autonomisation économique, tout en contribuant à une meilleure participation des microentreprises aux finances publiques.

Pour Chrystelle Oko’o, promotrice de l’initiative, l’apprentissage de la gestion quotidienne constitue une étape essentielle dans le développement des activités commerciales. « Ce qui va changer dans leur quotidien, c’est qu’elles vont apprendre à compter avec notre carnet. Chaque jour va les amener à compter. Ensuite, elles seront amenées à s’organiser. Notre carnet est là pour les aider de sorte qu’après notre passage, la pérennisation soit plus facile », a-t-elle expliqué.

Au-delà de l’apprentissage des notions élémentaires de gestion, l’initiative entend faciliter l’accès des commerçantes à une existence économique formelle, car elles contribuent quotidiennement à la création de richesse; mais leur apport reste insuffisamment valorisé en raison de l’absence d’immatriculation fiscale pour certaines d’entre elles. « Nous avons voulu aller au cœur de la création de richesse qui sont les mamans des marchés. Ce sont elles qui contribuent chaque jour à la richesse nationale. Le paradoxe, c’est que leur contribution n’est pas valorisée. Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont pas de numéro de contribuable », a-t-elle souligné.

Pour répondre à cette difficulté, la caravane entend les sensibiliser et les accompagner dans l’obtention de leur attestation d’immatriculation fiscale, présentée comme un préalable à de nombreuses démarches administratives et à l’accès aux financements. Un carnet de gestion conçu par la Direction générale des impôts (Dgi), notamment sa Direction des impôts des particuliers (Dip), leur est également proposé. Cet outil pratique doit leur permettre de suivre leurs revenus et leurs dépenses, tout en structurant progressivement leurs activités.

L’ambition des initiateurs ne se limite toutefois pas à cette campagne de proximité. Ils souhaitent former des commerçantes capables de transmettre à leur tour les connaissances acquises, afin de pérenniser les bonnes pratiques et de développer une chaîne de solidarité entre femmes.