Alors que la Beac a fixé une date butoir pour le retrait des anciennes pièces de monnaie, usagers, commerçants et transporteurs refusent déjà ces anciennes pièces, surtout celle de 500 Fcfa, déclenchant casse des caisses et des spéculations insolites sur internet.
Lorine Claudia Agnang

C’est une réalité sur le terrain. Depuis l’annonce du retrait de certaines pièces de monnaie de la circulation, commerçants, taximans et benskineurs (conducteurs de moto-taxi) refusent désormais de recevoir les anciennes pièces, dont celle de 500 Fcfa, des mains des clients. Et ce, bien que l’échéance officielle ne soit pas encore atteinte. Que faire alors de ces pièces accumulées ou conservées au fond des tirelires familiales ? Face à cette situation, l’ingéniosité des internautes ne s’est pas fait attendre : un marché s’est improvisé sur les réseaux sociaux. « Changez vos pièces de 500 Fcfa ici », peut-on lire sur un morceau de contreplaqué posé devant une table fournie en pièces d’argent. Un autre internaute lance un appel plus direct : « Pour vos anciennes pièces de 500 Fcfa, contactez-moi ib, je viens acheter sur pourcentage, sur tout le territoire Douala ». Que comptent-ils en faire ? Le mystère reste entier. En commentaires, l’ironie des internautes a rapidement pris le dessus. « J’ai 17 millions Fcfa en pièces de 500 Fcfa. Je suis à Denver Douala, rue 311 » ; « J’ai 100 milliards en pièces de 500. Ib », s’amusent certains. Un autre, dans une publication, dit vouloir acheter à 300 Fcfa, l’ancienne pièce de 500 Fcfa. Mais les commentaires qui suivront sont pas en sa faveur : « La prison te guette », lui lance sèchement un utilisateur.
Cette psychose générale a poussé de nombreux épargnants à casser prématurément leurs « caisses » de rangement pour tenter d’écouler leur trésor au plus vite. Dans une vidéo devenue virale, un internaute présente sa tirelire brisée précocement et remplie de billets et de pièces de toutes gammes. Pourtant il planifiait l’ouvrir en décembre. Comme lui, un autre facebookeur souhaitait réaliser un projet avec les pièces qu’il épargnait tous les jours. Maintenant qu’il est dans l’obligation de l’ouvrir précipitamment, il a déjà envie de manger du poisson à la braise et du poulet…« Moi-même j’ai cassé la mienne aujourd’hui ; et le mototaximan refuse… », confie un abonnée en commentaire. Pour certains observateurs, ce résultat était prévisible : « C’était ça le but. Vous avez tellement gardé les pièces, qu’ils étaient obligés de dire cela, pour les faire sortir ».
En effet, depuis l’annonce par la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) du retrait des pièces de monnaie de la gamme mise en circulation entre 1958 et 1985, le marché est en ébullition. Pourtant, la banque centrale a clairement défini le calendrier et les étapes de cette démonétisation, prévoyant des délais de grâce et des procédures d’échange aux guichets. Mais ce détail crucial semble ignoré par la population. Résultat : une vague de refus injustifiée qui alimente quotidiennement les tensions entre vendeurs et acheteurs, la pièce de 500 Fcfa demeurant la principale victime de cette rumeur de panique.
Réaction
Beac : Les pièces de monnaie de l’ancienne gamme seront démonétisées à compter du 1er novembre 2026.

Le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) informe le public que, conformément à la résolution du comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac), adoptée lors de sa session ordinaire du 7 octobre 2026 à N’Djaména, les pièces de monnaie de l’ancienne gamme (mises en circulation entre 1958 et 1985) seront démonétisées à compter du 1er novembre 2026.
À partir de cette date, ces pièces, dont les visuels sont illustrés ci-dessous, seront privées de leur cours légal et pouvoir libératoire sur l’ensemble du territoire des six Etats membres (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad) de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
Du 1er novembre 2026 au 31 octobre 2027, les détenteurs des pièces de l’ancienne gamme pourront les échanger aux guichets des établissements de crédit et de microfinance, ainsi qu’à la Beac, contre des pièces de monnaie des gammes 2006 ou 2024 suivant le calendrier ci-après : du 1er novembre 2026 au 31 juillet 2027, soit pendant une période de neuf (9) mois, aux guichets des établissements de crédit et de microfinance, ainsi qu’aux guichets de la Beac, et ; du 1er août au 31 octobre 2027, soit pendant une période de trois (3) mois, exclusivement aux guichets de la Beac.
A compter du 1er novembre 2027, les pièces de monnaie de l’ancienne gamme cesseront définitivement d’être échangées quels que soient les guichets. Les modalités d’échange des pièces démonétisées seront définies par chaque établissement de crédit et de microfinance, ainsi que par la Beac.
Le gouverneur rappelle que les pièces de monnaie des gammes 2006 et 2024 conservent leur cours légal et pouvoir libératoire sur l’ensemble du territoire de la Cemac et devront, à ce titre, être acceptées dans les transactions de toute nature.
Ailleurs
Roadster
L’on pensait avoir atteint les limites de l’innovation automobile. Elon Musk vient de prouver le contraire. Le 15 octobre dernier, depuis la base d’essais de SpaceX à McGregor au Texas, le patron de Tesla a levé le voile sur la version finale du Roadster, un véhicule électrique au croisement de la science-fiction et de l’ingénierie aérospatiale, capable de voler et d’exécuter des cascades hallucinantes.
« Vous allez voir le résultat de la collaboration entre la meilleure entreprise automobile et la meilleure entreprise de fusées », a lancé le milliardaire au début d’un show spectaculaire. Promesse tenue : propulsé au-dessus d’une rampe de 15 mètres et sautant par-dessus plusieurs véhicules alignés grâce à des propulseurs à gaz froid hérités de SpaceX, le Roadster a ébloui le public. L’engin embarque deux réservoirs haute pression en carbone pour abriter 250 kg d’air comprimé, affichant un chrono de 0 à 100 km/h en seulement 0,81 seconde et une vitesse de pointe annoncée à 370 km/h.
Conscient du caractère hors norme de sa création, le grand patron a résumé l’ambition du projet avec sa franchise habituelle : « Le succès n’est pas garanti mais l’excitation si. » Avant de prévenir sur les contraintes réglementaires à venir : « Cette voiture sera bien sur les routes. Je ne suis pas certain qu’elle sera légale partout. »
Très attendue depuis neuf ans, cette prouesse technique est déclinée en trois versions (Performance, Thrust et Rocket). Bien que les réservations soient déjà ouvertes avec un premier acompte substantiel, Tesla conserve le mystère sur la date officielle de commercialisation, l’autonomie et le prix final de ce bolide des temps modernes.



