Nestlé alerte sur la carence en fer, zinc, vitamines B9, B12 et A, qui font cruellement défaut à des millions d’enfants en Afrique centrale et de l’Ouest.
Blaise Djouokep

Les chiffres présentés à la presse sont éloquents. Selon Nestlé, les carences en micronutriments représentent 50 à 70% des cas de malnutrition et plus de 45% de la charge globale de morbidité en Afrique subsaharienne. Selon Dr Berline Emmanuel Cissoko, responsable Nutrition, Santé et Bien-être pour Nestlé Afrique centrale et de l’Ouest, qui dresse un tableau sans concession de la malnutrition dans la sous-région, « la nutrition influence directement la croissance de l’enfant ».
Au cœur du problème : les carences en micronutriments. Une « faim invisible » qui ne se voit pas à l’œil nu, mais qui ronge le développement physique et cognitif des plus jeunes. Et les conséquences de chacune de ces carences sur les enfants sont immédiates. « Une carence en zinc, c’est un enfant qui tombe malade tout le temps. Un manque de vitamines B9 et B12, c’est un risque accru de malformations. Mais le plus critique aujourd’hui, c’est le fer. Sans fer, le cerveau de l’enfant ne se développe pas correctement », a martelé la nutritionniste.
À cette « faim invisible » s’ajoute la sous-nutrition classique (retard de croissance, émaciation, insuffisance pondérale) qui touche encore 30 à 35% de la population concernée. Et à l’autre bout de la chaîne, le surpoids et l’obésité, qui concernent 3 à 5% des cas, favorisent déjà l’émergence de maladies chroniques comme le diabète et l’hypertension. Face à ce constat, le géant agroalimentaire met en avant sa stratégie articulée autour de trois piliers : nutrition, santé et bien-être. Ladite stratégie est déclinée en six engagements.
Des engagements pris par Nestlé pour venir à bout de ces carences : « Nestlé est un acteur social engagé. Nos produits sont certifiés et autorisés par des experts locaux et internationaux. Avec des marques comme Nido, nous proposons des produits riches qui apportent les nutriments nécessaires », rassure Patricia Chabla, directrice de la communication et desaAffaires publiques de Nestlé. Concrètement, le groupe dit miser sur la reformulation de ses produits (baisse du sucre, du sel et des matières grasses saturées), sur la fortification en fer, zinc et vitamines, sur l’innovation scientifique adaptée aux besoins locaux et sur la transparence de l’étiquetage.
Les nutritionnistes gardent bon espoir que ces engagements suffiront à enrayer une crise nutritionnelle qui, au-delà des laboratoires, se joue d’abord dans les champs, les marchés et le pouvoir d’achat des familles camerounaises.



