En lice pour la présidence du Conseil d’administration de la Société civile camerounaise des droits voisins, le candidat a présenté, le 8 octobre 2026 à Yaoundé, un programme articulé autour de quatre priorités.
Marielle Ongono

« Un artiste ne devrait jamais avoir à se battre pour comprendre ce qu’est devenu le fruit de son travail. » C’est par cette préoccupation qu’Aladji Touré a ouvert sa déclaration face à la presse, le 8 octobre 2026. Candidat à la présidence du Conseil d’administration de la Société civile camerounaise des droits voisins (Scdv), il place la transparence dans la gestion et la rémunération des titulaires de droits au cœur de son projet. Une ambition qu’il entend concrétiser avec une équipe de seize personnes, représentant différentes catégories du secteur artistique. Cofondateur de la Scdv et premier président de son Conseil d’administration, Aladji Touré met en avant ses cinq décennies d’expérience dans la musique et la culture. Bassiste, instrumentiste, arrangeur, producteur, éditeur et manager, il affirme connaître les réalités des artistes et les difficultés liées à la reconnaissance de leurs droits.
Il sera question de renforcer les démarches de recouvrement et fiabiliser les informations nécessaires à la rémunération des ayants droit, rendre les répartitions plus compréhensibles, en permettant aux membres de connaître les périodes concernées, les ressources distribuées et les critères appliqués. Des fiches pratiques, des séances de formation adaptées aux différents métiers et un meilleur suivi des demandes figurent parmi les mesures annoncées. L’équipe envisage également de renforcer les échanges dans les régions, avec une attention particulière accordée aux jeunes professionnels. La copie privée, présentée par Aladji Touré comme un levier potentiel de rémunération pour les titulaires de droits voisins entend commencer par dresser un état des lieux du dossier, recenser les démarches déjà entreprises et identifier les difficultés à résoudre. Elle prévoit ensuite un plan d’action impliquant les pouvoirs publics, les organismes concernés et les autres acteurs du secteur. La préparation des mécanismes d’identification des bénéficiaires, de traçabilité des sommes et de répartition figure également parmi les engagements. Le candidat promet de rendre compte régulièrement des avancées. Pour évaluer l’exécution de ce programme, l’équipe propose des indicateurs portant notamment sur les décisions appliquées, les perceptions réalisées, les dossiers traités, les réclamations résolues et les formations organisées.
L’équipe du candidat est composée de Serge Rraffic (1er Vice-Président), Rigobert Tamwa (2e Vice-Président), Fominji Bridget (3e Vice-Présidente) et Helene Ebah (4e Vice-Présidente). Le secrétariat général est assuré par Jean Paul Tchomdou (Secrétaire Général), Marco Mbella (Secrétaire Général N°1) et Franck Ndema (Secrétaire Général N°2). Les autres postes d’administrateurs sont occupés par Benco Marthelly, Bene Nkoum A, Issa Yinkou, Ngock Toussaint, Tamwouo Jean, Aoudou Alim, Annie Tchawack, Bell Dominique et Fuh Wung Philip. Le 15 octobre prochain, Aladji Touré saura si son programme a conquis les cœurs.
Aladji Touré confronté au problème de double nationalité
Candidat déclaré à la présidence du Conseil d’Administration, Aladji Ibou Touré fait face à un obstacle de taille. Le 6 octobre 2026, deux dénonciations l’accusant de ne pas posséder la nationalité camerounaise. Alors que pour être éligible à la présidence de la Scdv, le candidat doit résider au Cameroun, avoir la nationalité camerounaise, jouir de ses droits civiques et être de bonne moralité. C’est ainsi que le 7 octobre, le Groupe de travail chargé du processus électoral en vue du renouvellement des organes dirigeants de la Scdv somme le candidat de fournir, au plus tard le jeudi 8 octobre à 12h précises, la preuve tangible de l’obtention de la nationalité camerounaise.
Le Groupe de travail rappelle l’article 31 (a) du Code de la nationalité camerounaise : un Camerounais majeur qui acquiert ou conserve volontairement une nationalité étrangère perd d’office sa nationalité camerounaise. Pour étayer leurs revendications respectives, les requérants ont fait tenir copies du décret N°2017-605 du 25 avril 2017 du Président de la République du Sénégal qui vous autorise à perdre la nationalité sénégalaise et la lettre de transmission dudit décret au Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, par son homologue de la Justice. Il n’est pas superflu de préciser qu’en vertu de l’article 31 (a) de la loi n°1968-LF-3 du 11 juin 1968 portant code de la nationalité camerounaise, le Camerounais majeur qui acquiert ou conserve volontairement une nationalité étrangère perd d’office celle camerounaise.



