Un bloc d’un immeuble R+4 en construction s’est effondré sur une maison en matériaux provisoires, tuant le frère du propriétaire du chantier et trois de ses enfants, vendredi 09 octobre 2026.
Blaise Djouokep

Les quatre personnes qui ont perdu la vie à la suite de l’effondrement d’un bloc de béton d’un immeuble R+4 en construction au quartier Bonaloka, dans l’arrondissement de Douala 3e, sont M. Elessa et trois de ses enfants, âgés de 11 mois, 6 ans et 7 ans. Un autre enfant qui se trouvait dans le domicile familial au moment du drame s’en sort avec des blessures. Il a été conduit d’urgence à l’hôpital où il a été placé en soins intensifs.
Deux autres enfants d’Elessa Sole, la victime, ont eu la vie sauve. Leur père les avait envoyés à la boutique peu avant l’effondrement, apprend-on. À leur retour, ils sont sous le choc : leur père mort, leurs frères et sœur morts, la maison écrasée sous le béton. La mère de famille, absente au moment des faits, a également eu la vie sauve.
L’effondrement d’un pan de cet immeuble en construction sur cette maison est à la fois un drame humain et familial. D’après les riverains, l’immeuble et la maison, construits sur une concession familiale, appartenaient à deux frères jumeaux. Le chantier, entamé depuis quelques années, n’aurait pas respecté les règles en la matière.
Ce n’est d’ailleurs pas le premier immeuble qui s’effondre dans la capitale économique camerounaise depuis le début de l’année. Jeudi 04 juin 2026, l’effondrement d’un immeuble R+1 en construction a fait un mort et quatre blessés. Un mois plus tard, en juillet 2026, un immeuble vétuste s’est effondré à Bonamoussadi. Bilan : six morts, dont trois enfants. Le bâtiment avait été déclaré dangereux, évacué, placé sous scellés, avant d’être clandestinement réoccupé par des familles. Au total, 11 morts et de nombreux blessés dans l’effondrement d’immeubles à Douala.
La Ville pointe du doigt les violations des règles d’urbanisme, les travaux non autorisés, l’usage de matériaux inadaptés et l’absence de suivi technique. En août 2026, la Communauté urbaine de Douala (Cud) identifiait 31 bâtiments présentant des « défauts structurels », dont 19 exposant les occupants à un « risque imminent » d’effondrement.
La mairie avait alors annoncé un traitement « au cas par cas » des 31 bâtiments recensés : évaluations techniques supplémentaires, mises en demeure, évacuations, scellés, démolitions si nécessaire.



