L’historienne de l’art Cloé Georjon a animé une conférence sur la préservation de ces bâtiments le 6 octobre 2026 à l’Institut français, site de Yaoundé.
Davila Nkolo (Stagiaire)

Réactions
Vanina Kapé, étudiante et médiatrice culturelle à l’Ifc : Ma vision des musées a changé

Marilyne Duchamps, historienne de l’art en France : C’était enrichissant

J’ai aimé la manière dont Cloé nous a expliqué les choses simplement. Elle est allée jusqu’à Taïwan pour connaître l’histoire des murs de ce pays. C’était enrichissant. Je fouille les archives, je cherche l’histoire de chaque mur, de chaque pierre. Pour le Grand Palais à Paris, je sais tout. L’histoire des murs, c’est l’histoire que raconte le bâtiment lui-même. Au Cameroun, il y a beaucoup de murs qui ont une histoire : le Musée national, qui était le palais d’Ahidjo, les palais des sultans à Foumban, les chefferies bamilékés avec leur architecture en bois, les anciens bâtiments coloniaux de Douala. Cloé a expliqué avec des mots simples comment on peut raconter l’histoire d’un bâtiment classé tout en le protégeant. Comment on peut faire une visite guidée qui parle à la fois des œuvres à l’intérieur et de l’architecture à l’extérieur. C’était clair et enrichissant. C’est important parce que, parfois, les conférences sur l’architecture sont très techniques et ennuyeuses. Là, c’était simple, tout le monde pouvait comprendre, même les visiteurs qui venaient pour la première fois.
Farrel Mayagi, étudiant-chercheur : Cet échange suscite un engouement
Cette conférence a été spéciale. Elle a suscité un engouement pour la préservation du musée et de tout ce qui s’y trouve, tant chez nous, les étudiants, que chez les encadreurs, les chercheurs, etc. Promouvoir notre patrimoine est une façon pour nous de préserver nos cultures. Ce n’était pas une conférence comme les autres à l’université. C’étaient deux jours d’activités, avec des ateliers et des expositions. Ce n’étaient pas seulement les étudiants qui étaient contents. Les encadreurs aussi, les chercheurs aussi. Tout le monde a été touché. Tout le monde a eu envie de faire quelque chose pour le patrimoine. Pour beaucoup d’étudiants, un musée, c’est un vieux bâtiment avec de vieux objets. On ne voit pas toujours l’intérêt de le protéger. Si le bâtiment est classé, s’il a une histoire, il faut le préserver comme une œuvre. Elle a pris l’exemple du musée du Quai Branly en France, un ancien palais devenu musée. Et elle a fait le parallèle avec le Musée national de Yaoundé. Préserver, ce n’est pas seulement mettre la poussière sous le tapis. C’est prendre soin de tout : des objets, mais aussi des murs, de l’histoire et de la mémoire du lieu.



