Spectacle : Ekrytur présente « ô neu »

L’artiste sera au Goethe-Institut Kamerun situé à Bastos, pour une performance de danse ce 09 octobre 2026.

Flavie Abé D. (Stagiaire)

Bon week-end !

 

Lauréat de Goethe-Découverte 2026 dans la catégorie danse, le chorégraphe camerounais présente sa nouvelle création « ô neu ». La prestation aura lieu à 19h avec une entrée libre pour le public. Inscrite dans le programme Goethe-Découverte, cette création se veut introspective et transforme la solitude, les blessures intérieures ainsi que les questionnements identitaires en langage chorégraphique. Ce qu’Ekrytur entend partager avec le public. En résidence au laboratoire de Théâtre de Yaoundé (Othni) depuis le 27 septembre 2026, le danseur et jeune chorégraphe travaille à donner corps à une œuvre profondément personnelle. « Ô neu » s’intéresse à la solitude comme un espace de guérison, de réinvention et de renaissance. Dans une société de plus en plus connectée, mais où les repères semblent parfois se perdre, Ekrytur propose un retour vers l’intime. Le corps, le silence et la mémoire deviennent ainsi les principaux supports d’une réflexion sur l’identité et la construction de soi. La création s’inspire de l’expérience personnelle de l’artiste, de la paternité, des traumatismes transgénérationnels et de la traversée d’épisodes de dépression. À travers ce mouvement, il interroge également les pressions sociales et la place de l’artiste dans une société en crise de valeurs. C’est donc une étape vers la reconnexion à soi et la reconstruction.
 
Originaire de la région du Centre, Ekrytur, de son vrai nom Ella Essama, développe depuis plusieurs années des chorégraphies à la croisée des danses urbaines, contemporaines et traditionnelles. Son style est donc hybride. Son parcours est marqué par plusieurs distinctions, notamment Bantou Star, Yara Découverte, Build Up Sessions, Dance Saka et The Last Popper. Il s’est également produit lors de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) 2021 et du Championnat d’Afrique des Nations (Chan) 2020. Plus tard, il poursuit son parcours à l’international dans le cadre de résidences, d’ateliers et de festivals, notamment lors d’une tournée en Chine en 2024 avec Les Filles du soleil et au festival Mwassi au Congo-Brazzaville. Avec « ô neu », qui signifie « tu es », Ekrytur fait ainsi de la scène un espace d’introspection où le mouvement raconte les blessures, les questionnements et la possibilité d’un nouveau départ. 
 
 

Les gens

Lydol : Meilleure artiste folklorique du Québec

Elle a remporté le premier prix du festival MUZ 2026, qui s’est déroulé du 1er au 04 octobre 2026 au Studio TD de Montréal.
 
Flavie Abé D. (Stagiaire)
Lydol fait à nouveau parler d’elle. L’artiste a été désignée meilleure artiste folklorique du Québec. La slameuse et poète camerounaise intègre ainsi la cohorte de vision diversité pour la 16e édition de ce rendez-vous annuel consacré aux artistes folkloriques et métissés du Québec. Au terme de quatre jours de musique, de rencontres et de découvertes, elle s’est distinguée par une prestation livrée le 02 octobre 2026. Sur scène, elle a interprété un slam inspiré de sa mère.

De son vrai nom Dolly Sorel Nwafo, Lydol est née le 15 septembre 1994 à Yaoundé et est originaire de la région de l’Ouest. Elle fait ses premiers pas sur les scènes dès le secondaire lorsqu’elle est au Collège de la Retraite. En 2010, elle participe au concours Challenge vacances et remporte le premier prix dans la catégorie slam. Par la suite elle multiplie les scènes et participe à plusieurs compétitions, notamment L’Afrique a un incroyable talent, en 2016 à Abidjan. Lydol a également reçu plusieurs distinctions, parmi lesquelles le prix de la meilleure Slameuse et meilleure Artiste féminine aux Green Light Awards en 2019. 

En 2023 elle remporte le Canal 2’Or dans la catégorie meilleure Artiste féminine Afro Urbain. Dans sa discographie, la slameuse a deux albums, Slamthérapie et Hybride, ainsi que deux EP, Élixir et Fragile. À côté de sa carrière artistique, Lydol est titulaire d’un doctorat et d’un master 2 en ingénierie économique et financière. Elle est formatrice et coach en écriture, éloquence et prise de parole en public. La trentenaire est la fondatrice, en 2022, de l’association SHEroes, qui accompagne les femmes et jeunes filles victimes de violences. L’artiste a aussi mis sur pied la plateforme PluriElles pour encourager la participation de ces victimes aux arts de la scène.
  
À travers son parcours et cette distinction au MUZ 2026, Lydol entend faire du slam un art capable de franchir les frontières et de toucher différents publics.

 

Le billet de la semaine

L’émergence à la bougie

Par le mutant

 

Eneo énervait. Socadel est là et… déleste ! Le nom a changé, les ténèbres demeurent. Les barrages poussent de terre, les mégawatts pleuvent sur les discours. On inaugure, on promet, on additionne les turbines. Mais au quartier, l’électricité est une légende urbaine : tout le monde en parle, personne ne la voit ! 
Le congélateur décongèle, le fer rouille. Le groupe électrogène ronfle chez les oligarques du watt, dans les taudis, ça gratte l’allumette. Plus on aligne les barrages, plus le Camerounais d’en bas achète la cire. Cherchez l’erreur. Et, voici le retour à l’âge de la bougie !
Encore et toujours ce délestage, si fidèle qu’on devrait l’élever au rang de Grand cordon de l’ordre de la valeur. Et vlan ! Le cri d’orfraie du Groupement des entreprises du Cameroun tombe : 65 % des entreprises carburent au groupe pour ne pas mettre la clé sous la porte. Pardon pour la pétarade ! Sonel, Aes-Sonel, Eneo, Socadel… On a changé de sigle, pas de ténèbres. À force de courir vers l’émergence 2035, on finira par y arriver… en pleine nuit.
 
 

Bons tuyaux

1-Le Groupe de recherche en littérature africaine et comparée (Gerlac) de l’Université de N’Djaména organise, du 7 au 10 octobre, une semaine scientifique et littéraire en hommage à l’écrivain africain Mongo Beti. L’événement se déroule au campus de Toukra, au sein de la Faculté des langues, lettres, arts et communication. Au programme figurent des conférences, des communications scientifiques, des lectures, des débats et diverses activités littéraires autour de l’œuvre et de la pensée de l’auteur. La deuxième conférence, intitulée « De Ville cruelle à l’œuvre de la maturité : continuités et mutations de la pensée de Mongo Beti », réunit notamment Robert Mamadi et Moursal Makaye, sous la modération d’Ali Moussa. Cette rencontre vise à explorer l’évolution de la pensée de l’écrivain ainsi que la portée de son œuvre dans la littérature africaine.
 
2-À l’occasion de ses 30 ans, le festival Écrans Noirs innove avec le lancement du concours Miss & Mister Écrans Noirs 2026. L’initiative vise à mettre en lumière de nouveaux talents et à encourager l’engagement des jeunes dans le cinéma camerounais. Les candidats doivent être de nationalité camerounaise, âgés de 18 à 30 ans et mesurer au moins 1,65 m. Ils devront également être disponibles du 21 au 28 novembre 2026 et disposés à suivre une formation à l’Institut supérieur des sciences, des arts et de la culture (Iscac) pour la rentrée académique 2026-2027. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 30 octobre 2026. À travers cette initiative, Écrans noirs entend associer célébration de son parcours et promotion de la relève cinématographique nationale.